COURBES DE L’ÉVAPORATION
Mais, quand il s’agit de peser un adulte, on doit se servir d’une bascule, sur le plateau de laquelle le sujet se tient debout ou assis. Enfin, pour peser des malades incapables de se lever, on a imaginé des lits-balances qui se placent à demeure dans les salles des hôpitaux. Ces études sont de celles qui feront faire de grands progrès à la médecine clinique et dont on ne saurait trop favoriser l’extension.
On a déjà vu (lie partie, chap. n) comment se construisent les courbes exprimant les variations du poids déterminées par une série de mesures successives; nous n’avons à parler ici que des courbes directement obtenues au moyen d’appareils inscripteurs.
Appareils inscripteurs des changements de poids.
Tous ces appareils se mettent spontanément en équilibre avec le poids du corps en expérience. Tantôt cet équilibre est obtenu par l’immersion plus ou moins prononcée d’un flotteur qui sert de contre-poids, tantôt par le simple changement d’inclinaison de la balance, tantôt enfin par la tension variable d’un ressort analogue à celui d’un peson.
Deux constructeurs français, Rédier et Salleron, viennent d’imaginer des balances inscrivantes, susceptibles d’être utilement employées en physique, en météorologie et en physiologie. Renvoyant les détails de la construction de ces instruments à la partie Technique nous nous bornerons à donner ici le principe sur lequel chacun de ces appareils est établi. Dans l’appareil Rédier, un rouage auxiliaire, semblable à ceux que ce constructeur emploie pour l’inscription des variations barométriques, sert à tracer les courbes de changement de poids. L’appareil Salleron est une balance dont la dénivellation des plateaux est proportionnelle à l’inégalité des poids. Cette dénivellation, amplifiée au moyen d’un levier, s’inscrit sur un cylindre enfumé suivant le procédé précédemment décrit.
Ces appareils sont entre les mains des météorologistes eL des physiologistes : l’èxpérience indiquera lequel des deuxmérite la préférence dans tel ou tel cas. Nous citerons seulement quelques-unes des expériences qui ont été faites grâce à leur emploi.
Hesarc de l’intensité de l'évaporation en météorologie.
La physique enseigne qu’un liquide répandu sur une surface s’évapore plus ou moins vite suivant certaines conditions : la température élevée, la sécheresse de l’air ambiant et son renouvellement rapide sont des conditions favorables à l’évaporation. 11 importe au météorologiste de connaître les résultats de toutes ces causes réunies et de savoir, à un moment donné, quelle est l’intensité de l’évaporation à la surface terrestre. A cet effet, on place un vase à large surface sur le plateau de la balance inscrivante et l’on obtient la courbe de la diminution de poids du vase, c’est-à-dire celle de l’intensité de l’évaporation pendant un certain temps. Les météorologistes se contentent du nom d'évaporographe pour désigner l’appareil qui fournit ce genre de tracés.
Tout récemment a été publiée la description d’un de ces instruments construit par Ragona de Modène,et dont la figure 126 montre la disposition.
Un vase à large surface, contenant l’eau soumise à l’évaporation, est porté à l’extrémité d’une longue tige guidée entre des galets. Tout l’ensemble de ce système est soutenu par une corde qui se réfléchit sur une sorte de poulie pouvant osciller comme un fléau de balance. Un contre-poids fait équilibre à l’eau et l’appareil serait en immobilité complète si la quantité d’eau qu’il renferme était invariable. Mais sous l’influence de l’évaporation, le vase devient plus léger et le contre-poids descend en soulevant à la fois, le vase, la tige qui le porte et le style inscripteur qui adhère à cette lige et trace sur un cylindre.
Ici intervient un dispositif très-ingénieux, grâce auquel le système prenant une position nouvelle se remet en équilibre.
On remarque figure 126 que deux contre-poids font équilibre au vase plein d’eau; l’un, le plus gros, est soutenu par une corde qui s’enroule dans la gorge d’une poulie ayant pour centre l’axe même autour duquel se meut tout le système. Ce contre-poids a donc une action constante; il sert à équilibrer le vase et les pièces accessoires qui le supportent. Mais l’eau est équilibrée par un autre contre-poids plus petit que le premier et dont la corde se réfléchit dans la gorge d’une poulie excentrique, de telle façon que ce contre-poids aura des valeurs variables suivant la position que