ÉLECTROMÈTRE DE LIPPMANN
il s’est produit un certain déplacement du niveau capillaire, si, par exemple, ce niveau s’est élevé, c’est-à-dire a reculé du côté de la partie large du tube, il faut, pour le ramener à sa position primitive, exercer une pression plus forte sur la colonne de l’instrument : verser du mercure dans le tube jusqu’à une plus grande hauteur, ou bien comprimer de l’air au-dessus du mercure avec
Fig. 171. Ëlectroniètre de Lippmann.
une certaine force. C’est à ce moyen que Lippmann recourt de préférence. Une presse T, mue par une manivelle E, permet de comprimer l’air d’un réservoir de caoutchouc et de l’envoyer, d’un côté, au-dessus du mercure dans le grand tube; de l’autre, dans un manomètre H, qui en indique la pression.
On constate que, pour ramener à zéro la colonne capillaire déviée par une certaine tension électrique, il faut une pression proportionnelle à la tension compensée.
l ig.DÎ2. Aspect'de la coIoiuip do l’électroniètre au ropos dans le champ du microscope.
Pour bien déterminer la position du zéro de l’appareil, on a adapté au microscope un lîl de réticule, en face duquel on amène le sommet de la colonne capillaire quand l’appareil n’est soumis à aucune influence électrique. Quand la colonne est déplacée par une certaine tension électrique, le fil du réticule marque la position du zéro et permet de mesurer l’étendue de l’excursion.
On emploie parfois un appareil moins encombrant et portatif, dans lequel un réservoir à mercure, que l’on comprime au moyen
d’une vis, remplace la haute colonne de la ligure. Dans cet électromètre, la colonne capillaire apparaît, transversalement diri- » B gée dans le champ du microscope; le fil du
fp£ réticule est, au contraire, verticalement
tendu, figure 172.
Deux sortes d’expériences peuvent être * faites avec cet instrument : la mesure de
la tension statique de l'électricité dont un corps est chargé à un moment donné, et la constatation des changements que présentera la tension électrique à des instants successifs.
Pour la première mesure, il suffit de mettre un instant l’appareil en contact, par l’un de ses fils avec la terre, et par l’autre avec le corps électrisé; aussitôt la colonne de mercure prend une déviation permanente qui traduit la valeur de la tension électrique. Dans les cas où il se produit des changements dans la tension électrique du corps observé, ces changements se traduisent par des déplacements de la colonne dont les excursions sont étendues ou bornées, lentes ou rapides, suivent les phases de la variation électrique elle-même.
C’est celte mobilité qu’il s’agit d’inscrire, car l’œil ne peut l’apprécier avec exactitude. La photographie m’a réussi pour ce genre d’inscription.
On sait, depuis les belles expériences de Matteucci et de du Bois- Reymond, que les muscles vivants sont doués d’un certain état électrique qui se modifie au moment où ils fonctionnent. Le galvanomètre obéit mal à ces variations, à cause de l’inertie de son aiguille; mais l’électromètre, incomparablement plus mobile, en suit les moindres détails.
A l’oculaire du microscope, mettons une plaque de verre dépoli, nous y verrons une image réelle de la colonne de l’électromètre et