‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 154 sur 277 · VARIATIONS ÉLECTRIQUES DES MUSCLES · texte numérisé non relu

VARIATIONS ÉLECTRIQUES DES MUSCLES

des mouvements qu’elle exécute. Substituons à cette plaque dépolie une glace recouverte d’un collodion sensible, nous obtiendrons l’image photographiée de cette colonne de mercure; enfin, imprimons à là plaque sensible un mouvement de translation perpendiculaire au sens des mouvements de l’électromètre, et nous aurons la courbe des changements de la tension.

La figure 173 montre la variation électrique du cœur d’une tortue pendant ses mouvements de systole- et de diastole; la figure 174

Fig. 178. Inscription des variations électriques qui accompagnent les mouvements iliylhnés

d’un cœur de tortue. ' ?

est donnée par les variations électriques du cœur d’une grenouille. Voici comment ces courbes ont été obtenues :

On dispose le cœur de l’animal, suivant les procédés ordinaires, sur des électrodes impolarisables qui, au lieu de se rendre à un

Fig. 1 74. Variations électriques d’un cœur de grenouille.

galvanomètre, sont mises en rapport avec les fils de l’électromètre. On s’assure, en regardant la plaque dépolie sur laquelle se projette l’image de la colonne capillaire, que les mouvements du cœur s’accompagnent bien tous de variations électriques; on glisse alors à la place du verre dépoli une petite chambre noire contenant une glace au collodion humide instantané. Un mouvement est imprimé à cette glace par un rouage d’horlogerie approprié. Dans les figures ci-dessus, la vitesse de translation était d’environ 3 millimètres par seconde.

Pour photographier la colonne de mercure et ses mouvements, il y a deux procédés distincts : ou bien on intercepte la lumière par l’opacité de la colonne de mercure jouant le rôle d’un écran, ou

bien on éclaire vivement la colonne sur un fond noir, et on s’en sert comme de source lumineuse. Dans le premier cas, un diaphragme à fente très-fine doit être placé de telle sorte que le mercure de la colonne capillaire, dans ses mouvements de va-et-vient, couvre et découvre des longueurs variables de cette fente ; cela demande une construction délicate. Dans le second cas, la difficulté consiste dans la faiblesse de l’éclairage; on a pour source de lumière celle que réfléchit une colonne de mercure d’environ 1/20 de millimètre. Si l’image de la colonne est grandie à raison des doubles diamètres, l’intensité lumineuse est réduite au quart.

Pour avoir le plus possible d’intensité lumineuse, il faut éclairer la colonne de mercure avec la lumière solaire concentrée par une lentille et se borner à obtenir des images de très-petite dimension recueillies sur une plaque à translation fort lente.

Peubon ajouter une entière confiance à la forme des courbes photographiées de l’électromèlre? Pour répondre à cette question, j’ai soumis cet appareil à des courants d’une brièveté extrême : des dérivations de courants induits d’une petite bobine. Les courants de rupture r et de clôture r. se suivent à intervalles égaux et

Fig. 175. Photographie de courants induits de rupture et de clôture obtenue avec l’électromètre.

présentent des tensions de signes contraires; enfin, les courants de rupture sont ceux qui présentent la tension la plus forte. Tout est bien conforme, jusqu’ici, à ce que l’on connaît des caractères des courants induits. Mais si l’on se reporte à la durée des phases de ces courants, on voit sur la figure, que la phase initiale de ces courants est très-brusque, c’est-à-dire que la courbe s’élève et s’abaisse verticalement, mais que la phase terminale suit une marche très-différente; le retour de la courbe à zéro, très-rapide d’abord, se ralentit ensuite de plus en plus, à mesure que diminue la force qui tend à le produire ; de sorte que la courbe ne redevient horizontale qu’au bout d’un temps fort long. Pour le cas représenté figure 175, il s’écoulait environ 3/4 de seconde avant que l’horizontalité fût atteinte; encore, à ce moment, l’appareil

RHÉOGRAPHE ÉLECTRIQUE. 331

ne pouvait-il être considéré comme arrêté à zéro, mais semblait occuper une position, en quelque sorte indifférente, tantôt en haut, tantôt en bas, suivant le sens dans lequel il venait d’être entraîné. En effet, on voit dans la ligure qu’une ligne ponctuée conduite par les niveaux où le mercure s’arrête, après les courants induits de rupture, n’est jamais atteinte après les courants induits de clôture. Il semble que ce soit à la polarisation des surfaces du mercure et de l’eau acidulée que tient cette persistance de la déviation de la colonne après qu’elle a subi l’influence d’une tension électrique.

Il faut remarquer que ce n’est qu’au voisinage de zéro que cette indifférence existe, de sorte qu’elle ne trouble les indications de l’instrument qu’aulant que la tension électrique de la source retombe à zéro.

Ces essais, encore très-défectueux, d’inscription de l’électricité me semblent pleins de promesses pour l’avenir. Il serait désirable de pouvoir photographier les mouvements de l’électromètre au moyen d’une source artificielle de lumière, mais jusqu’ici l’intensité lumineuse du soleil est seule suffisante quand il s’agit d’inscrire des variations rapides.

De l’intensité des courants inscrits an moyen du rhéographe

électrique.

Cet instrument est un signal électro-magnétique de Deprèz auquel j’ai fait la modification suivante : entre l’armature et le fer doux est une pièce compressible, à élasticité variable, qui, s’écrasant en raison de l’intensité de l’attraction magnétique, permet au style inscripteur de faire des excursions d’une étendue plus ou moins grande. De sorte que l’intensité du courant qui traverse l’appareil se trouve traduite par l’étendue des mouvements tracés par le style.

La figure 176 montre la disposition qui m’a servi pour déterminer les variations d’inlensité des courants électriques de la torpille.

Un fil de caoutchoüc, réfléchi sur deux chevalets, s’étend horizontalement entre les fers doux et l’armature d’un signal électro-magnétique. Les fers doux ont été limés

Fig. 176. Rhéographe électrique.

(ÏQ*

ff

Page 1