ONDES LIQUIDES
peler des vibrations harmoniques ; elles sont surajoutées aux ondes principales; leur nombre est un multiple de celui des ondes. Ces harmoniques n’apparaissent pas à l’orifice d’entrée du tube, mais seulement un peu plus loin, et disparaissent près de l’extrémité opposée.
9° Quand le liquide pénètre dans le tube, en grande quantité et pendant assez longtemps, son afflux prolongé s’oppose à l’oscillation rétrograde qui fait naître les ondes secondaires. Toutefois, celles-ci peuvent apparaître à une certaine distance de l’orifice d’entrée du tube.
10° Dans les tubes branchés, de calibres et d’épaisseurs semblables, il se fait un mélange très-compliqué d’ondes qui passent d’un tube dans l’autre. Mais, dans les conditions de la circulation du sang, l’aorte ne permet pas le passage des ondes d’une artère dans une autre. L’aorte a ses propres ondes qu’elle envoie dans toutes les artères où elles se transforment plus ou moins, mais elle éteint et absorbe, comme un réservoir élastique, les ondes que chaque artère lui apporte et ne les envoie point aux autres.
11° Quand de petits tubes de longueurs inégales sont branchés sur un tube plus gros, comme les artères le sont sur l’aorte, chacun de ces tubes est le siège d’ondes qui lui sont propres, qui se forment à son intérieur et dont la longueur varie avec celle du tube.
Partant des données expérimentales que j’avais obtenues, M. Résal a calculé les mouvements d’un fluide incompressible, dans un tuyau élastique, et est arrivé à cette formule :
La vitesse de propagation des ondes est égale à la racine carrée du produit du coefficient d’élasticité et de l’épaisseur du tuyau,divisé par celui du diamètre du tuyau et de la densité du liquide.
INSCRIPTIONS MULTIPLES
Inscription de l’onde musculaire.
L’inscription simultanée des gonflements d’un muscle, en différents points de sa longueur, a permis à Æby1 de reconnaître l’existence d’une onde musculaire assez analogue à celle qui se produit dans le mouvement d’un liquide à l’intérieur d’un tube élastique. Il sera intéressant de rapprocher ces deux ordres de phénomènes, dont la comparaison peut éclairer le mécanisme intime de la contraction des muscles.
J’ai répété en les simplifiant les expériences d’Æby, et les résultats ont été les mêmes que ceux qu’avait annoncés ce savant.
Quand fonde apparaît dans le muscle, elle constitue une cause de raccourcissement. Pendant toute la durée du transport, le raccourcissement persiste, et quand, arrivant au bout de la fibre musculaire, fonde s’évanouit, le raccourcissement disparaît avec elle.
Ces faits se rapprochent de ceux que le microscope révèle dans une fibre musculaire qu’on examine pendant qu’elle est encore vivante. Sur un insecte, qu’on prenne un faisceau de fibres musculaires (les pattes de coléoptères se prêtent très-bien à ce genre d’étude) et qu’on le place sous l’objectif du microscope; on constate d’abord la belle striation transversale de ces fibres, et l’on aperçoit sur leur surface un mouvement ondulatoire, souvent alternatif, qui rappelle le mouvement des vagues à la surface de l’eau.
En examinant de plus près ce phénomène, on voit que les stries transversales de la fibre sont, en certains points, très-rapprochées les unes des autres, ce qui, dans la silhouette, se traduit par un gonflement de la fibre. C’est fonde vue au microscope ; la condensation longitudinale dont le muscle est le siège en ce point lui donne une opacité plus grande que dans les autres régions (fig. 184).
Cette onde opaque chemine le long de la fibre ; en d’autres termes, les points où la striation est serrée ne sont pas toujours lès mêmes ; la condensation longitudinale disparaît en un endroit, tandis qu’elle se produit dans les parties contiguës.
1. Untersuchungen ucbcr die Vortpflanzungsgesch'windigkeil dcr Reiznng in der quergestreiften Muskclfaser , Braunschweig, 1862.