‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 171 sur 277 · PRESSION ET VOLUME DU CŒUR · texte numérisé non relu

PRESSION ET VOLUME DU CŒUR

déverser par un orifice étroit dans le vase, d’où il retourne au cœur.

Cette disposition crée un circuit continu dans lequel le sang circule sans cesse, entrant dans le cœur à chaque diastole, chassé dans les tubes artériels à chaque systole du ventricule. C’est à la méthode si féconde de la circulation dans les organes isolés, imaginée par Ludwig, que se rattache cette expérience. On peut, en changeant le sang qui circule, entretenir la vie du cœur pendant plus d’un jour.

Il s’agit de connaître à la fois les changements de volume du cœur et les changements de la pression du sang dans cet organe. Pour cela, un tambour à levier inssripteur est mis en rapport avec le sphygmoscope ; un autre avec le flacon dans lequel le cœur est enfermé. Aussitôt on voit les deux leviers inscripteurs tracer des courbes inverses l’une de l’autre. La courbe des changements de pression artérielle est inverse de celle des changements de volume, figure 202.

Ce fait se comprend trop facilement pour qu’il soit nécessaire

d’y insister davantage. L’expérience précédente montre la, méthode qui sert aux inscriptions multiples et nous prépare à 1 analyse de la pulsation du cœur.

Au moyen d’un myographe du cœur (voyez p. 524) ou de quelque autre instrument, recueillons la pulsation du cœur de la tortue, nous obtiendrons la figure 203.

Dans cette figure, la systole ventriculaire commence en a. La phase systolique présente une apparence qui rappelle celle de la pulsation du cœur de la grenouille. Sur ce tracé, on n’observe aucun effet de la systole de l’oreillette; cette cavité était inerte, comme cela arrive souvent quand l’expérience dure depuis longtemps. La période diastolique du ventricule commence en b.

INSCRIPTIONS MULTIPLES

Afin de savoir ce qui, dans cette courbe, tient aux changements de volume du cœur, plaçons cet organe dans le flacon destiné à inscrire, par le déplacement de l’air, la quantité de sang qui sort

Fig. 203. Pulsations du cœur de la tortue.

du cœur et celle qui y rentre : nous obtiendrons la figure 204 déjà connue, dans laquelle ab exprime le resserrement systolique et b a' le gonflement ou réplélion diastolique.

Pour inscrire les changements de consistance des ventricules, c’est-à-dire les variations de la pression du sang qui y est contenu,

Fig. 20'*. Changements de volume du cœur de la tortue.

il faudrait pouvoir introduire un manomètre dans leur cavité; mais les dimensions trop exiguës de l’organe ne permeltent pas d’employer aisément ce moyen. On aura une idée très-approximative des changements de la pression intra-ventriculaire en déprimant à l’aide d’un corps mousse, mais de faible surface, la paroi des ventricules. Selon les phases de la pression intérieure, le corps comprimant extérieur s’enfoncera et sera repoussé tour à tour. Si on inscrit ce mouvement, on obtient la courbe suivante, figure 205, dans laquelle ab représente la phase systolique et ba' la phase diastolique.

Ce qui frappe dans celte courbe, c’est que la pression reste basse et sensiblement constante pendant le relâchement des ventricules.

Pendant la systole, au contraire, la pression est élevée et monte de plus en plus jusqu’à la fin de celte systole.

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