ÉLÉMENTS DE LA PULSATION DU CŒUR
Ici se vérifie ce que nous avons dit page 272 de la solidarité qui existe entre la pression ventriculaire et la pression artérielle,
Fig. 205. Changements de consistance du cœur de la tortue.
aussitôt que les valvules sigmoïdes sont ouvertes et que le ventricule ne fait avec les artères qu’une seule et même cavité, a ce moment, comme la pression s’élève dans le système artériel jusqu’à la fin de la systole, il faut que le sang éprouve, dans le ventricule, une élévation de pression parallèle (ces effets sont encore plus nettement accusés sur le cœur des mammifères).
Maintenant que nous possédons les deux courbes séparées, celle du changement de volume des ventricules et celle de changement de pression du sang dans ces cavités, combinons ces deux influences, et nous devrons restituer la pulsation complète.
Rien de plus simple que d’ajouter l’une à l’autre les deux courbes ci-dessus. Sur la courbe des changements de volume, élevons une série d’ordonnées égales à celles de la courbe des changements de pression. Comme cette dernière ne s’élève que pendant la phase
Fig. 206. Recomposition des éléments de la pulsation du cœur.
systolique et reste invariable pendant la diastole du cœur, les systoles a b et a' b' seront seules modifiées. La courbe totale, celle qui résulte de l’addition des deux autres, suivra, pendant les périodes systoliques, le tracé représenté par une ligne ponctuée, tandis que, pendant la diastole, elle ne sera modifiée en rien. Or, la nouvelle courbe (fig. 206) n’est autre que celle que nous avons obtenue figure 204, en inscrivant directement la pulsation cardiaque. Il est
INSCRIPTIONS MULTIPLES
donc prouvé que cetle pulsation résulte bien réellement de la double influence des changements de consistance et des changements de volume des ventricules. On obtient, en inscrivant la pulsation du cœur des grands mammifères, une nouvelle démonstration de cette double influence dans la production des tracés cardiographiques.
Rapport des changements de longueur d’un muscle aux. variations
de son état électrique.
Le myographe nous donne avec Une grande fidélité les changements de longueur d’un muscle auquel on envoie des excitations électriques. D’autre part, l’électromèlre de Lippmann, mis en rapport avec deux points dissymétriques du muscle, accuse, par les mouvements de sa colonne de mercure, les variations de la tension électrique des deux points explorés, il suit de là qu’en appliquant aux variations de l’électromètre le mode d’inscription photographique décrit, nous recueillerons deux courbes qui s’inscriront ensemble ou l’une à côté de l’autre, et sur lesquelles se lira facilement le rapport des variations traduites par les deux appareils. Ces variations sont de sens inverse; de telle sorte que, tandis' que le muscle agit et diminue de longueur, l’état électrique est de signe contraire. Bernstein croit avoir observé un retard entre ces deux variations, celle de l’état électrique précédant légèrement celle du mouvement.