‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 195 sur 277 · CONTROLE DU TAMBOUR A LEVIER · texte numérisé non relu

CONTROLE DU TAMBOUR A LEVIER

division aura parcouru vingt centimètres, la troisième trente, etc. De sorte que, suivant que l’on observera un point du fil plus éloigné de son attache fixe, ce point aura subi un déplacement plus considérable.

Qu’on attache un fil inextensible, d’une part à un style inscripleur, d’autre part en un point convenable du fil de caoutchouc, et l’on inscrira, en le réduisant à la proportion voulue, le mouvement communiqué' à l’extrémité du fil.

Le choix de ce point est fort simple. Si l’on veut réduire aux 5/6 de sa longueur le mouvement imprimé à l’extrémité du caoutchouc, il faudra attacher aux 5/6 comptés à partir du point fixe, le fil qui agira sur le style écrivant.

Dans certains cas, le mouvement réduit par le caoutchouc doit être employé à faire tourner un cylindre, ainsi que cela se passe dans l’inscription du travail musculaire; ce résultat s’obtient sans aucune difficulté.

Contrôle expérimental du tambour à levier.

Le contrôle- expérimental des appareils inscripteurs consiste à leur appliquer un mouvement de forme connue, et à rechercher si le tracé exprime fidèlement cette forme. C’est à cette méthode générale que se rattachent les expériences instituées pour la vérification de mon sphygmographe par les professeurs Mach, à Vienne ; Czermack, à Pest ; Donders et le docteur Rives, à Utrecht; Koschlakoff, à Berlin, etc. C’est la seule méthode rigoureuse de vérification.

Toutefois, on pouvait déjà acquérir une notion probable de l’exactitude de ces appareils en les contrôlant les uns par les autres, c’est-à-dire en faisant enregistrer un même mouvement par deux appareils différents.

C’est ainsi que, Chauveau et moi, nous avons procédé pour vérifier les indications du sphygmoscope, et constaté que cet instrument, inscrivant le pouls d’une artère, fournit un tracé identique à celui que donne le sphygmographe appliqué sur ce vaisseau. D’autre part, le professeur Fick, de Zurich, a contrôlé mon sphygmographe au moyen de son appareil qu’il nomme Fe- < lerkymographion , et a obtenu des graphiques semblables avec les deux instruments.

De toutes les expériences faites en vue de contrôler la valeur des appareils inscripteurs, les plus parfaites sont celles de Donders.

Il s’agit, avons-nous dit, d’appliquer à un appareil un mouvement bien connu, et de voir s’il le traduit fidèlement. Pour cela, Donders se sert d’un excentrique qui tourne avec une vitesse connue; cet excentrique soulève directement la courte branche d’un levier enregistreur coudé qui, fortement maintenu par un ressort antagoniste, devra suivre et retracer fidèlement toutes les sinuosités de l’excentrique. Les mouvements de ce levier se transmettent à leur tour à l’appareil inscripteur que l’on veut contrôler. Ils font mouvoir la membrane du premier tambour; le déplacement de celle-ci transmis par le tube au deuxième tambour et au levier enregistreur, viendra s’écrire sur un cylindre immédiatement audessus du graphique directement tracé par le premier levier1.

Comme c’est le mouvement même du premier levier qui est appliqué au second, celui-ci devra répéter fidèlement la première courbe, à moins de déformer en quelque chose le mouvement qu’il a reçu. Il faut donc que les deux graphiques présentent une identité parfaite.

Or, on voit que plus la rotation de l’excentrique est lente, plus il y a identité parfaite entre les deux graphiques ; mais que si l’on tourne l’excentrique avec plus de rapidité, une légère différence apparaît, annonçant la déformation du mouvement par l’appareil lui-même. C’est presque toujours un des effets de l’inertie qui intervient lorsque le levier reçoit une rotation extrêmement rapide ; on fait disparaître cet inconvénient en augmentant le frottement de la plume contre le papier, et l’on reconnaît, en voyant reparaître l’identité des deux courbes, que le défaut est corrigé.

Dans la plupart des cas, les actes physiologiques que l’on inscrit ne sont pas assez rapides pour qu’on puisse suspecter l’exactitude de l’appareil ; cependant, ainsi qu’on l’a vu tout à l'heure, certains muscles fournissent des mouvements tellement brusques que la meilleure construction de l’enregistreur ne saurait mettre à l’abri de toute déformation du tracé. C’est alors surtout que la méthode de Donders rendra service en permettant de reconnaître si une erreur s’est produite et d’en déterminer l’étendue.

En somme, le principal obstacle à la fidélité parfaite de l’in—

1 . Voyez pour les détails : Du mouvement dans les fonctions de la vie. p. 199.

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