PHOTOGRAPHIE D’UN MOUVEMENT
scription des mouvements, c’est l’inertie du style inscripteur. Pour réduire au minimum cette cause d’erreur, il faut, nous l'avons déjà dit, se contenter de tracés dont l’amplitude soit très-petite. Ces tracés auront, il est vrai, l’inconvénient d’étre difficiles à lire; mais comme on- peut les amplifier par des moyens optiques, soit en les lisant simplement à l’aide d’une loupe, soit en en projetant sur un écran l’image amplifiée, soit en les photographiant dans des dimensions agrandies, il faut toujours recourir à ce mode d’inscription chaque fois que l’on aura affaire à des mouvements d’une grande rapidité.
Tous ces inconvénients disparaissent lorsqu’on peut écrire avec le levier idéal sans pesanteur, je veux parler d’un rayon lumineux qui traduit, en les amplifiant à volonté, les mouvements les plus rapides sans les déformer. Un petit miroir est placé sur un pivot et reçoit le mouvement dont on veut étudier les formes ; ce mouvement imprimé au miroir consiste parfois en une oscillation très-légère. Une source lumineuse située dans le voisinage envoie un faisceau de rayons parallèles sur le miroir où ils se réfléchissent pour se projeter sur un écran. Le plus petit mouvement du miroir se traduit par une oscillation énorme de l’image lumineuse; l’amplitude de cette oscillation est non-seulement grandie en raison des distances qui séparent le miroir de l’écran, mais encore en raison de cette propriété des miroirs réflecteurs, de doubler l’intensité des variations que l’angle d’incidence fait avec l’angle de réflexion.
Ces mouvements d’un faisceau de lumière ont servi à Czermack pour étudier la forme du pouls artériel et à contrôler l’exactitude des tracés de mon sphygmographe. Le défaut de cette méthode c’est qu’elle ne fournit à nos yeux qu’une impression trop fugitive; on va voir que, dans certains cas, elle peut donner naissance à une véritable inscription des mouvements.
Identité des trajectoires lumineuses avec le tracé graphique d’un changement d’espace.
Ce ruban de feu que les enfants s’amusent à former dans les airs en y agitant rapidement une baguette dont l’extrémité est incandescente constitue une représentation graphique passagère des mouvements du point lumineux, l’inscription de cette trajectoire
se faisant sur notre rétine. Si l’on substituait au charbon incandescent, une surface brillante, vivement éclairée par le soleil, la baguette en mouvement donnerait une image qui, recueillie dans la chambre photographique, pourrait être fixée d’une manière définitive sur un collodion convenablement sensibilisé. L’inscription photographique des déplacements d’un corps est très-précieuse quand ce corps est déplacé par une force extrêmement faible; ainsi, les oscillations de l’aiguille aimantée qui seraient incapables de tracer mécaniquement leur amplitude sur un papier fournissent cette inscription par l’intermédiaire de la photographie.
L’excursion de la colonne de mercure d’un baromètre ou d’un, thermomètre se traduit de la même manière.
De la reproduction fidèle de& tracés graphiques.
Lorsqu’une expérience donne des tracés très-délicats, riches en inflexions de toute sorte dont chacune présente nécessairement une signification, il est d’une grande importance, pour la. publication de ces tracés, de les reproduire avec une fidélité parfaite. Les expérimentateurs qui ont eu recours à la méthode graphique n’ont peut-être pas été suffisamment frappés de cette importance; ils ont abandonné la reproduction du graphique à des dessinateurs qui croient avoir rempli leur lâche en imitant l’aspect général des courbes, sans s’attacher à la scrupuleuse reproduction de tous les détails. Aussi, dans les publications françaises, on constate avec regret qu’il n’est peut-être pas un tracé sur vingt qui soit absolument fidèle.
Assurément, les tracés défectueux dont je parle montrent ce qu’ils doivent montrer dans le cas particulier ; l’auteur qui les publie a surveillé la reproduction de telle ou telle inflexion de la courbe dont il connaissait et voulait expliquer la signification ; mais, presque toujours, il a négligé de contrôler l’exactitude des parties du tracé dont la valeur lui a échappé ; n’y trouvant pas d’intérêt actuel, il a souvent laissé passer des formes défectueuses qui rendent la figure qu’il publie entièrement inutile et même dangereuse à consulter pour ceux qui voudraient y chercher des renseignements nouveaux.
Or, l’essence de la méthode graphique est de fournir des courbes