REPRODUCTION DES TRACÉS
dont le sens se dégagera de plus en plus complètement, grâce aux études successives dont elles seront l’objet. C’est parfois sur une courbe vieille de quinze ans qu’on trouve la vérification d’une hypothèse qui vient de se présenter à l’esprit. Et ce n’est pas un des moindres avantages de la méthode que de fournir des milliers d’expériences, toujours présentes, que l’on peut compulser, comparer et interroger à tout instant.
Tant que les appareils inscripteurs ne seront pas arrivés à leur forme définitive, tant qu’on n’aura pas admis un type satisfaisan qui inscrive les phénomènes avec des amplifications ou des réductions toujours les mêmes pour des actes physiologiques semblables entre eux, la comparaison des tracés recueillis par les différents auteurs sera toujours difficile. Un mouvement respiratoire, une pulsation du cœur, une secousse de muscle, présenteront des aspects divers s’ils sont recueillis avec des appareils différents. De sorte que les tracés publiés dans différents pays et avec des appareils divers ne constitueront pas une sorte de collection d’expériences toutes faites, livrées à l’interprétation du public scientifique. Toutefois, le lecteur prévenu des conditions dans lesquelles un tracé a été recueilli pourra, s’il en a acquis une certaine habitude, trouver dans ce tracé les détails que personne n’aura aperçus avant lui et faire ainsi d’importantes découvertes. Mais, pour cela, le tracé doit être d’une .fidélité irréprochable ; si la reproduction de la courbe n’a pas été entourée de soins minutieux, celle-ci n’est bonne, tout au plus, qu’à montrer le phénomène pour la démonstration duquel elle a été gravée; elle doit être rejetée pour tout autre usage.
Le meilleur moyen pour obtenir, avec une fidélité absolue, un cliché typographique d’une courbe, c’est de recourir à Y héliogravure. Outre qu’on supprime ainsi l’intervention de la main de l’homme, on peut, à volonté, amplifier ou réduire les tracés qui ne seraient pas à une échelle convenable sur l’original.
Ce procédé serait fort coûteux si l’on n’avait qu’une seule courbe à reproduire; mais si l’on peut rassembler un grand nombre de tracés qu’on dispose les uns à côté des autres, de façon à couvrir un rectangle qui ait les dimensions des plus grandes plaques héliographiques, on a, sur une seule planche de cuivre, une série de trente ou quarante figures dont chacune, découpée et montée à part, fournit un cliché irréprochable et d’un prix assez peu élevé.
D’autres procédés moins parfaits peuvent encore trouver leur place lorsqu’il n’est pas possible de recourir à l’héliogravure.
Ainsi, la photographie sur hois livre au graveur une image, agrandie ou réduite au besoin, mais toujours fidèle, d’une courbe dont le décalque eût présenté de grandes difficultés. Le graveur devra prendre grand soin de ne point s’écarter des traits qu’il doit reproduire ; on aura évité, du moins, par l’emploi de la photographie, toutes les causes d’erreur qui peuvent survenir dans le décalque d’une courbe et dans le transport renversé de cette courbe sur le bois.
Enfin, un procédé aussi bon que la photographie, mais beaucoup plus simple et plus expéditif, consiste dans le transport direct du tracé original sur le bois qui doit être gravé. Voici comment on fait ce transport :
Le tracé doit être recueilli sur un papier spécial, connu dans le commerce de Paris sous le nom de papier à décalque. C’est une feuille ordinaire sur laquelle on a étalé une couche de colle d’amidon et qui a été ensuite satiné. Ce papier doit être placé sur le cylindre de manière qu’il tourne en dehors sa face encollée sur laquelle le noir de fumée devra être déposé. Le tracé étant obtenu comme à l’ordinaire (notons que celte surface de colle bien satinée est particulièrement favorable au glissement de la plume écrivante), on le fixe au vernis et on le conserve dans un album jusqu’au jour où on a besoin de le reproduire.
On découpe alors un morceau bien rectangulaire du tracé, ayant la justification du livre auquel il est destiné, puis, prenant un bois à graver de dimension pareille, on enlève la gouache qui se trouve ordinairement sur la face où doit être fait un dessin. On étend sur cette face une couche d’une solution tiède de gélatine à 3 0/0 environ, et on frotte celte surface avec le doigt pour bien étendre la gélatine qui sèche. Quand la surface du bois n’est plus qu’un peu gluante, c’est le moment favorable pour transporter le tracé sur le bois préparé. La face qui a reçu le tracé doit être appliquée sur la gélatine, puis on frotte légèrement sur le dos du papier, afin d’assurer l’adhérence des deux surfaces, et on laisse sécher.
Aussitôt que la préparation est sèche, on la plonge dans 1 eau, de façon à humecter fortement le papier qui portait le tracé. Au bout d’une minute à peine, on peut prendre ce papier par un de ses angles et le détacher entièrement du bois. Le papier qui se