PRÉPARATION DU CYLINDRE ENFUMÉ
prépare ainsi quelques centaines ; on les gomme sur l’un des bords et on les laisse sécher. Au moment de se servir de ces feuilles, on humecte la partie gommée comme on fait d’un timbre-poste.
Pour appliquer une feuille sur le cylindre, on place celui-ci sur l’axe supérieur, du rouage régulateur, on glisse la feuille en dessous, tenant en haut la face qui porte le bord gommé. En refermant la feuille autour du cylindre, on a soin que le bord gommé et humide recouvre l’autre bord sur lequel on l’applique exactement.
Le noircissage exige que le cylindre soit assez élevé afin qu’on puisse glisser en dessous la flamme d’une petite bougie. On se sert à cet effét de ces bougies à grosse mèche, ayant très-peu de cire, roulées en forme de peloton et qu’on vend dans le commerce sous le nom de rat-de-cave. Ces bougies peuvent être tenues horizontalement sans que la cire en tombe. On glisse une de ces bougies allumées sous le cylindre de façon que la pointe de la flamme vienne lécher la surface du papier, cl l’on fait tourner le cylindre (fig. 237). La chaleur passant aisément du papier au métal, il s’ensuit que le papier ne brûle pas au contact d’ailleurs trèsrapide de la flamme, on promène la bougie d’un bout à l’autre du cylindre, en revenant au besoin en arrière, si le noircissage est incomplet.
Quelques personnes se servent de lampes à pétrole ou à térébenthine qui donnent une fumée épaisse, noircissent plus rapidement, mais je n’ai guère obtenu avec ces procédés que des surfaces floconneuses peu satisfaisantes et sur lesquelles on n’obtient que des traits épais.
Pour gagner du temps, je me sers quelquefois d’un procédé de noircissage automatique. Une bougie ordinaire, très-peu haute, est promenée en dessous du cylindre par un chariot qui chemine lentement d’un bout à l’autre du cylindre. Ce procédé exige une construction spéciale, mais donne de très-bons résultats.
Quand la feuille est noircie, on la place sur l’axe convenable et on l’y fixe au moyen de la pièce que j’ai désignée plus haut sous le nom de foc, et à laquelle je ne connais aucun nom scientifique; cette pièce assure l’entraînement du cylindre par l’axe du rouage moteur.
Il faut avoir soin que le style traceur dont la pointe se présente obliquement sur le cylindre, n’oppose pas cette pointe au sens de la marche du papier, il en résulterait des grippements fâcheux.
Parfois, quand on change d’axe, d’une expérience à une autre, il faut retourner entièrement le cylindre et son rouage, car les axes n’ont pas tous trois le même sens de rotation. Quand le tracé d’une expérience est obtenu sur la feuille enfumée, il faut, pour le fixer définitivement, tremper cette feuille dans un vernis.
Ce vernis s’obtient en faisant dissoudre à saturation de la gomme-laque incolore dans de l’alcool à 36°; après l’addition d’une très-petite proportion de térébenthine de Venise qui donne
Fig. 237. Cylindre tournant recouvert de papier au moment de l’opération du noircissagc.
de la souplesse au vernis, on filtre la solution d’abord dans un linge, puis au papier.
Afin de tremper dans le vernis une feuille un peu longue, il faut avoir une grande cuvette de photographe, capable de contenir cette feuille tout entière. Mieux vaut encore employer un petit appareil spécial formé d’une gouttière de zinc très-peu profonde et de même longueur que le cylindre. Les bouts de cette gouttière sont fermés de façon qu’elle puisse être remplie de vernis. On prend alors par ses deux bords extrêmes la feuille qui porte le