INSCRIPTION DE LA MARCHE
sures dont les semelles, formées d’une épaisse feuille de caoutchouc, contenaient dans leur épaisseur une petite chambre à air compressible. Ces chaussures se prêtent fort bien à actionner l’odographe. Mais, comme de telles chaussures sont incommodes pour faire de longues marches, j’ai cherché une disposition qui permît d’utiliser une chaussure quelconque, en y adaptant la soufflerie à air. C’est dans la cambrure de la semelle que je logeai d’abord l’explorateur des pas. Quatre vis s’implantant dans la face antérieure du talon maintenaient l’appareil. Celui-ci était formé d’une petite capsule à forte membrane que venait écraser, à chaque appui, une sorte de bouchon porté par une pièce saillante articulée à charnière le long de la face antérieure du talon. Un tube de petit calibre s’élevait en dedans du pied et se continuait avec un tube de caoutchouc à épaisses parois qui montait dans la jambe du pantalon, ressortant à la ceinture pour se rendre à l’odographe.
On n’éprouve aucune gêne à porter un tel instrument, et j’ai pu faire plus de deux lieues d’un pas très-rapide sur une route ordinaire sans que l’appareil se détériorât; seulement, j’avais soin de ne poser le pied que sur un sol plat, me défiant des pierres roulantes qui eussent pu s’engager dans la cambrure de la chaussure et détériorer l’appareil.
Pour n’avoir pas à me préoccuper de ce danger possible et pouvoir marcher par toute espèce de chemin, j’ai adopté une dernière disposition qui me semble tout à fait bonne et que voici : A l’intérieur du talon, figure 256, est une caisse à air contenant un
Fig. 250. Chaussure destinee à actionner l'odographe à chaque pas.
ressort de laiton. Un boulon saillant ù l’intérieur de la chaussure est placé sous une languette d’acier formant semelle. La
pression du pied sur cette languette chasse l’air, à chaque pas, à travers un tube qui monte derrière le talon.
Enfin, au moment où j’écris ces lignes, je viens d’essayer une semelle à soufflet construite par V. Tatin, qui me semble encore plus parfaite, puisqu’elle peut se glisser dans toute chaussure et ne nécessite pas une construction spéciale. Un tube de caoutchouc montant dans le pantalon met cette semelle en communication avec l’odographe.
Des relais électriques.
Quand il ne s’agit que de signaler la fréquence de certains actes intermittents ou de les faire agir sur l’odographe qui en inscrit la fréquence sous forme de courbe, les relais électriques sont d’un emploi précieux. Je vais en décrire un type applicable à presque tous les besoins. Il se compose de deux parties : un appareil interrupteur et un appareil électro-magnétique qui sert de générateur intermittent de travail mécanique.
Interrupteur. — Supposons qu’un tambour à levier reçoive le mouvement qui devra actionner l’odographe; ce mouvement, commandé par les pulsations du cœur, par celles d’une artère ou par la respiration, est trop faible pour agir directement; il n’aura
d’autre rôle que de mouvoir la plaque interruptrice C et de provoquer l’action intermittente d’un électro-aimant dont nous parlerons tout à l’heure. Ce levier oscillant est brisé au point d où ses deux moitiés peuvent se couder l’une par rapport à l’autre, grâce aux frottements de deux disques traversés par un axe. Le frottement doux de ces pièces suffit à entraîner l’extrémité du levier l1 et à la maintenir sur le prolongement de la partie motrice ll tant que le mouvement de ne rencontre aucune résistance. On dis-