MOYEN DE GUIDER LES STYLES
surface enfumée sans donner naissance à des froltements sensibles.
Les roues du chariot sont horizontales, et la gorge circulaire qu’elles portent reçoit l’arête des rails rr, entre lesquels elles roulent, en exerçant une légère poussée latérale qui tient le chariot suspendu. Ce chariot curseur est fait en aluminium, afin d’of-
Fig. 258. Chariot et style avee glissière el roulelles.
frir le moins possible d’inertie quand on lui communique des mouvements rapides.
Souvent je me suis servi d’une simple pièce d’aluminium portant quatre encoches à ses quatre angles, et recevant dans ces encoches les bords des rails entre lesquels elle glissait.
Pour rendre le chariot solidaire des mouvements du point qu’on étudie, on se sert d’un simple fil qui réunit ce point mobile à l’un des bouts du chariot. D’autre part, un ressort antagoniste tend à agir en sens inverse. Avec celte disposition, les va-et-vient du point mobile sont reproduits par le chariot qui tantôt obéit à la traction du fil, et tantôt à celle du ressort antagoniste, comme on l’a déjà vu pour les tambours à leviers conjugués.
Au lieu d’un ressort (fil de caoutchouc, spirale de cuivre, etc.), on peut se servir d’un contre-poids, à la condition que celui-ci n’exécute que des mouvements extrêmement bornés, sans quoi les effets de l’inertie se feraient sentir. La disposition représentée fi-
gure 258 est celle que je donne ordinairement au contre-poids; celuici, supporté par un fil qui s’enroule autour d’un axe peu épais, n’a qu’une excursion très-peu étendue.
Quand la force qui doit agir sur le chariot est extrêmement faible et que les frottements sur les rails, si faible qu’ils soient, constitueraient une très-grande résistance au mouvement, on se sert de flotteurs conjugués qu’on place sur deux canaux. Cette disposition guide très-bien le style et ne donne que des résistances insignifiantes (voyez p. 210).
Des qualités que doit avoir un bon style inscripteur.
Il semble très-simple, au premier abord, de faire un style inscripteur avec une matière quelconque taillée en pointe, car le moindre frottement enlève le noir de fumée qui couvre le papier. On va voir qu’il n’en est point ainsi lorsqu’on veut avoir un style parfait. Ce style doit réunir les qualités suivantes : être sans pesanteur; être parfaitement flexible dans le sens suivant lequel il rencontre le papier et parfaitement rigide dans l’autre sens ; il ne doit pas gripper sur les rugosités du papier , et doit toujours être en contact avec la surface sur laquelle il écrit. Toutes ces qualités sont réunies quand on se sert d’un morceau de baleine ou de plume d’oie aplati, limé très-mince et taillé en angle aigu. Nous allons motiver la nécessité des conditions diverses que doit présenter le style.
Le style doit être sans pesanteur, car dans un levier inscripteur, c’est la partie qui exécute les mouvements les plus étendus; toute masse soumise à des vitesses considérables altère la forme du mouvement qui lui est communiqué. Il arrive parfois qu’un style comme celui d’un chronographe doive vibrer cent fois, et même davantage, dans une seconde. Qu’on l’alourdisse au moyen d’une légère masse, aussitôt on voit diminuer l'amplitude des mouvements qu’il exécute.
Le style doit être très-flexible dans le sens de la pression qu’il exerce sur le cylindre, sans cela, la moindre excentricité du cylindre créerait des frottements énergiques contre le style, ou bien le contact entre celui-ci et le papier cesserait. Avec une grande flexibilité du style, on évite ces dangers. On établit le contact de la pointe écrivante avec le papier, puis on rapproche encore plu^s le levier
DES STYLES INSCRIPTEURS.
du cylindre. Le style plie alors, mais, grâce à sa flexibilité, ce rapprochement de la plume contre le papier ne crée pas de frottements sensibles. Le style doit avoir une grande rigidité dans le sens transversal; en effet les mouvements que le style doit tracer sont parallèles à la génératrice du cylindre sur lequel on écrit; ces mouvements sont parfois très-bornés, de sorte que si on les voulait inscrire avec une tige flexible dans tous les sens, ils seraient souvent entièrement absorbés par la flexion de cette tige. Un cheveu, par exemple, mis à l’extrémité d’un levier inscripteur, ne donnerait aucun mouvement appréciable dans la plupart des cas. On en peut dire autant des barbes de plumes qui, bien souvent, ont été prises comme styles par certains expérimentateurs, et qui se recommanderaient, du reste, par leur extrême légèreté.
Précautions à prendre quand on place un style.
Pour ne pas compromettre la légèreté si essentielle du style inscripteur, le meilleur moyen de le fixer au bout d’un levier est de l’agglutiner avec un peu de cire ramollie. La quantité de cire employée doit être à peu près nulle, elle doit se borner à rendre gluante l’extrémité du levier.
Enfin, il faut se préoccuper du sens dans lequel le cylindre tourne pour orienter convenablement la pointe écrivante. Le papier doit fuir cette pointe et non pas aller à sa rencontre, ce qui pourrait donner naissance à des grippements.
Un style inscripteur doit rencontrer le papier sous une incidence très-oblique; c’est un excellent moyen d’assurer les contacts entre la pointe et le papier. Un peu de pratique donnera bien vite à chacun l’habileté nécessaire pour bien disposer les plumes écrivantes.
Quand on veut écrire avec plusieurs leviers à la fois, il faut en égaliser la longueur, ce qui se fait très-facilement quand le style est collé à la cire, car alors on lui fait exécuter aisément de petits glissements dans un sens ou dans l’autre.
Quand un style inscripteur est placé sous un chariot qui ne marchera que dans un sens, il faut l’orienter la pointe en arrière (comme dans la figure 258), afin qu’il ne se produise pas de grippements contre les grains du papier. Mais si le chariot doit marcher alternativement dans les deux sens, il faut se préoccuper de celui
de la rotation du cylindre, et diriger la pointe du style latéralement, dans le] sens où fuit le papier. Bien entendu, toutes les autres précautions ci-dessus indiquées doivent être prises.
Du moyen d'éviter la déformation des tracés par l'arc de cercle que décrit le levier inscripteur.
Quand un levier reçoit, par la traction d’un fil, les mouvements de va-et-vient d’un point qui se déplace en ligne droite, ces mouvements ne s’inscrivent pas suivant une droite, mais suivant un arc de cercle qui a pour rayon la longueur même du levier. Cet inconvénient peut être corrigé par des dispositions mécaniques destinées à l’empêcher de se produire; il peut être corrigé dans le tracé par une rectification géométrique; enfin il peut être rendu négligeable en employant des leviers très-longs et en n’écrivant que des tracés très-petits.
Organes mécaniques destinés à corriger l'arc de cercle décrit par l'extrémité d’un levier qui oscille. — J. Watt, le premier, résolut ce problème dans la construction des machines à vapeur. Un balancier oscillant en arc de cercle devait être relié à un piston oscillant suivant une ligne droite; l’illustre mécanicien imagina de relier le balancier à la tige du piston au moyen d’une pièce articulée, qu’on nomme parallélogramme de Watt, et dont l’emploi s’est conservé dans un grand nombre de cas. Vierordt, dans la construction de son sphygmographe, avait employé un parallélogramme analogue pour forcer la plume écrivante à se mouvoir parallèlement à la génératrice du cylindre tournant. Mais celte disposition doit être éliminée de tous les appareils à mouvements rapides ; elle serait très-bonne, au contraire, pour rectifier les indications d'un inscripteur à mouvements lents.
On en peut dire autant des dispositions imaginées pour atteindre le même but que le parallélogramme de Watt: ainsi celles de Paucellier, Evans, etc.
Correction de l’arc de cercle sur les traeéq. — Soit o (fig. 259) l’origine de la courbe; si le cylindre était immobile, et si le levier s’élevait jusqu’au niveau du maximum x, il décrirait, non pas la verticale qui part du point o, mais l’arc de cercle qui se détache du même point. Plus le levier s’élèverait, plus il s’écarterait delà verticale pour se porter vers la droite. Or, pendant que le cylindre