CORRECTION DE L’AXE DE CERCLE
tourne, le levier décrit toujours le même arc; il déforme le tracé en déviant chaque point de la courbe vers la droite, et cela d’autant plus fortement que le levier s’élève plus haut. On peut diminuer cette cause d’erreur en augmentant la longueur du levier; mais alors intervient une autre influence fâcheuse, celle des vibrations qui se produisent d’autant plus facilement que le levier est plus long.
Yoici comment il faudrait procéder si l’on voulait corriger l’erreur que produit dans ce graphique l’arc de cercle décrit par le levier de l’instrument. On prend, au compas, la longueur du levier, et avec cette longueur comme rayon, on trace un arc de cercle dont le centre serait sur l’axe des abscisses prolongées et qui s’élèveraient du point o, origine de la courbe. Menons parallèle-
Fip. 239. Correction de l'arc de cercle dans les traces.
ment à l’axe des abscisses autant de droites que nous voudrons, chacune d’elles coupe à la fois la verticale, l’arc de cercle et la courbe tracée par le muscle; cette dernière est même coupée en deux points par chaque ligne horizontale. Or, les points du graphique coupés par chacune de ces lignes sont tous situés à une même hauteur et auront tous subi une déviation semblable; il faudra donc les ramener tous vers la gauche d’une même quantité. Cette quantité sera indiquée, pour chaque point, par la distance qui sépare, à ce même niveau, l’arc de cercle et la verticale. Ainsi, les points a' et a" devront être reportés sur la gauche d’une longueur égale à la distance oa ; les points b' et b", d’une longueur égale à ob-, le sommet x', d’une longueur égale à ox. En effectuant cette correction pour un grand nombre de points de la courbe, on obtiendra une courbe nouvelle qui représentera fidèlement les mouvements musculaires. — L’influence de l’arc de cercle sur la forme du graphique est d’autant plus prononcée, que la trans-
lation du papier est plus rapide. Il n’est pas nécessaire d’insister plus longuement sur ces propositions dont l’évidence est suffisante.
Élimination des effets de l’arc de cercle dans les tracés.
Comme dans les cas d’excursions très-petites d’un levier inscripteur, l’arc tracé se confond sensiblement avec une ligne droite, et comme, d’autre part, l’arc est d’autant plus voisin d’une ligne droite que le rayon du cercle tracé est plus long, il faut, dans la pratique, se servir d’un levier aussi long que possible, et se contenter de mouvements d’une faible amplitude; autrement dit, ne pas faire agir la force motrice trop près du centre de mouvement du levier inscripteur. On obtient ainsi des tracés d’une grande finesse, difficiles à lire directement pour cette raison même, mais toujours faciles à amplifier optiquement.
Une simple lecture à la loupe suffit quelquefois pour qu’on puisse utiliser de tels tracés. Dans le cas où l’on aurait besoin de les grandir un grand nombre de fois, la photographie sur verre, les projections, etc., fournissent des images excellentes, et dans cet agrandissement optique des tracés, il n’interviendra aucune cause de déformation. Cette manière de faire est la seule qu’on doive admettre dans les expériences très-délicates portant sur des mouvements faibles et rapides.
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