‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 219 sur 277 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

férentcs pièces de l’appareil pendant la respiration. Au moment de l’inspiration et pendant toute sa durée, la poitrine se dilatera, la ceinture s’allongera dans le seul point où elle soit élastique, c’est-à-dire en faisant diverger les branches de l’appareil; celui-ci aspirera, par le tube de transmission, l’air du tambour inscripteur ; dès lors, la membrane du tambour s’affaissera, et le levier qui repose sur elle descendra. — Dans l’expiration, la poitrine diminuant de diamètre, le cylindre se resserrera et, refoulant l’air dans le tambour, soulèvera le levier. Dans chaque courbe, l’ascension correspondra donc à l’expiration, la descente à l’inspiration. Les tracés se lisent de gauche à droite comme dans l’écriture ordinaire1.

Fig. 276. Pneumograplie, appareil explorateur des mouvements de la respiration.

Sur un même cylindre on peut adapter en même temps plusieurs leviers, dont chacun est en rapport avec un pneumographe particulier. Cette disposition permet de comparer, dans leurs formes et leurs rapports de synchronisme, les mouvements du thorax et ceux de l’abdomen.

Enfin, on peut inscrire à la fois les mouvements respiratoires et les battements du cœur, en appliquant sur celui-ci l’explorateur qui sera décrit page 589. *

1. Nous signalons ce lait au lecteur, parce que dans la ligure représentée par Vierordt les tracés se lisent de droite à gauche.

PNEUMOGRAPHIE.

Un appareil électrique pointe les secondes sur le papier, ce qui

permet d’apprécier exactement les durées des phénomènes enre- , « gislrés. Cette précaution est superflue quand on a déterminé la

vitesse de translation du cylindre et qu’on l’a réglée une fois pour

toutes.

Avec ces dispositions, le sujet en expérience n’est plus forcé de se tenir couché sur le dos, comme dans les expériences de Vierordt et G. Ludwig; il peut prendre toutes les attitudes qu’il lui plaît, ce qui permet d’étudier l’influence de chacune d’elles. De plus, un expérimentateur peut, sans aide, recueillir sur lui-méme des tracés des mouvements de la respiration, ce qui est un grand avantage. Dii reste, l’appareil de Vierordt ne présentait aucune défectuosité capable d’altérer les résultats de l’expérience1 2. 11 était seulement d’un emploi peu commode.

La figure 277 représente des tracés des mouvements respiratoires avec indication des durées et des amplitudes de chacun de leurs éléments, ainsi que la fréquence des battements du cœur pendant le même temps.

Les deux premières lignes superposées sont produites par les mouvements respiratoires : la ligne T est fournie par les mouvements du thorax, la ligne A par ceux de l’abdomen.

La ligne C est donnée par les battements du cœur.

La ligne S est tracée par l’appareil qui pointe les • secondes . sur le papier. Nous avons réglé la translation de celui-ci de telle sorte que la seconde fût représentée par une fraction simple de l’unité de longueur. C’est le demi-centimètre qui représente la seconde dans les expériences faites sur la respiration.

Analysons maintenant les courbes représentées dans celle figure*.

1. Les reproches que nous avons cru devoir faire au sphygmographe de cet auteur ne s’appliquaient qu'à son impuissance à signaler des mouvements très-rapides, comme le seraient ceux du pouls el des battements du cceur; mais nous ne doutons pas que cet appareil ne donne un tracé fidèle des mouvements, assez lents d’ordinaire, qu’éprouvent dans la respiration les parois du thorax ou de l’abdomen.

2. Dans la figure 277 on remarque des dentelures nombreuses, surtout pendant la période d’expiration. Ces Saccades de la courbe sont produites par l’ébranlement que les battements du cceur amènent dans les parois du thorax et de l'abdomen.

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Courbe des mouvements du thorax.

Voici comment on détermine la durée de l’inspiration et celle de l’expiration dans chaque courbe.

Il est évident, d’après ce qui a été dit de la disposition de l’appareil, que l’inspiration ne peut se traduire que par une ligne descendante. La première inspiration de la courbe T se fera donc depuis le début jusqu’au point A, où la ligne cesse de s’abaisser. L’expiration se fera de A en E et ainsi de suite.

Sur l’une quelconque des lignes horizontales du réseau, plaçons des repères directement au-dessous des points qui correspondent aux limites des inspirations et des expirations. La ligne des temps sera partagée en longueurs proportionnelles à la durée de chacun des mouvements respiratoires exécutés. Au-dessous de la fin de l’expiration, c’est-à-dire au-dessous du summum de chaque courbe, on place une petite croix; au-dessous du minimum, on place un trait. Dès lors, en comptant de gauche à droite, tout intervalle entre un trait et une croix représentera une expiration, tout intervalle entre une croix et un trait correspondra à une inspiration. On pourra donc évaluer tout de suite la durée de chacune de ces périodes, d’après le nombre de divisions millimétriques qu’elles renferment. Un procédé plus facile et plus sûr dans l’appréciation des durées relatives de chacune des périodes de la respiration consiste à prendre leur durée moyenne pendant une minute. Pour cela, on ajoute sur une règle graduée toutes les longueurs correspondantes aux inspirations, et si un nombre entier de respirations y est contenu, on n’a qu’à retrancher la longueur trouvée de 30 centimètres (longueur qui correspond à une minute), et le reste exprime la durée horizontale des expirations. Il suffit ensuite de diviser chacune de ces durées horizontales par le nombre des respirations, et de pousser cette division jusqu’à la deuxième décimale, pour avoir la durée moyenne d’une inspiration ou d’une expiration avec une approximation bien suffisante. Cette recherche de la durée moyenne de chaque phase de la respiration peut se faire avec assez de rapidité, pour peu qu’on en ait un peu l’habitude.

Rhylhme de la respiration. — L’inspiration et l’expiration sont les deux divisions vraiment naturelles du mouvement respira-

toire. Plusieurs auteurs ont admis, en outre, des pauses à la tin de chacun de ces deux temps : la plus longue succéderait à l’inspiration. Cette distinction est factice. S’il est vrai qu’à la fin de l’inspiration la poitrine semble s’arrêter un instant en dilatation, cependant l’immobilité des parois thoraciques n’est pas complète; on peut s’en convaincre à l’inspection des tracés qui ne présentent jamais de lignes horizontales, mais seulement un ralentissement dans l’ascension. Quant à la pause qui succéderait à l’inspiration, moins prononcée que la précédente, de l’aveu de tous les auteurs, l’examen des tracés montre qu’elle est encore moins réelle.

On comprend que l’amplitude de la respiration s’évalue par la hauteur verticale de l’inspiration ou de l’expiration qu’on veut mesurer. C’est du maximum au minimum d’une courbe que se mesure l’amplitude de l’inspiration; celle de l’expiration s’évalue du minimum au maximum de la même courbe. Ces amplitudes ne sont pas toujours les mêmes pour chaque respiration, mais leur inégalité finit par se compenser au bout de quelques instants, sans quoi la ligne d’ensemble s’élèverait ou s’abaisserait.

L’amplitude d’un tracé de respiration, comme celle d’un tracé du pouls, a peu de valeur par elle-même; elle peut varier sous différentes influences indépendantes de l’énergie des mouvements respiratoires observés. Ainsi le mode d’application de la ceinture, sa tension plus ou moins grande, la sensibilité de l’appareil à evier, etc., la font varier. Mais une fois que l’appareil est adapté sur le sujet mis en expérience, l’amplitude reste fixe si la respiration est régulière, et ne se modifie qu’autant que les mouvements respiratoires se modifient eux-mêmes. On peut donc, par la comparaison des amplitudes de différentes courbes d’un tracé, déduire l’amplitude comparative des divers mouvements qui les ont produits. Mais il n’y a rien d’absolu dans la signification de l’amplitude d’une courbe, tant qu’on n’a pas déterminé expérimentalement le volume d’air mis en jeu par la respiration correspondante.

La ligne d’ensemble du tracé peut, sous certaines influences, s’élever ou s’abaisser. Ces modifications portent sur l’altitude du tracé, elles ne nous occuperont pas ici; disons toutefois que l'étude" des changements d’altitude de la courbe respiratoire permet de constater que, dans certaines conditions, un sujet respire avec la poitrine presque toujours pleine d’air, tandis que dans d’autres cas son thorax est affaissé en expiration.

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