‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 220 sur 277 · MOUVEMENTS ABDOMINAUX · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS ABDOMINAUX

Ces préliminaires une fois établis, passons aux expériences relatives aux conditions qui influencent les mouvements respiratoires dans leur fréquence, leur rhythme et leurs rapports de nombre avec les mouvements du cœur.

Rapports des mouvements respiratoires du thorax avec ceux

de l’abdomen.

L’une des premières questions qu’on ait à se poser avant d’instituer des expériences sur la forme graphique des mouvements respiratoires est celle-ci : « En quel point faut-il appliquer la ceinture destinée à recevoir ces mouvements? est-il indifférent de l’appliquer sur le thorax ou sur l’abdomen? »

Pour résoudre cette question, nous avons recueilli simultanément, avec deux appareils semblables, les courbes fournies par les mouvements thoraciques et celles que donnent les mouvements abdominaux. Nous avons vu, dans toutes nos expériences, que les tracés obtenus sont sensiblement parallèles. La seule différence qu’on rencontre ordinairement porte sur l’intensité du mouvement, c’est-à-dire sur l’amplitude de la courbe tracée dans les deux cas. La figure 277 représente, ligne T, un tracé fourni par les mouvements thoraciques, et ligne A un tracé des mouvements abdominaux. La seule différence notable entre ces deux ordres de courbes consiste en une .amplitude plus grande de celle de l’abdomen. On eût pu, dans ce cas, diminuer la sensibilité4 de l’appareil à levier correspondant aux mouvements abdominaux, et l’on eût eu deux tracés identiques, parfaitement superposables.

Peut-être ce parallélisme des mouvements thoraciques et abdominaux n’est-il pas constant, même à l’état physiologique; il faudra multiplier les recherches à cet égard. En tout cas, on peut, sous l’influence de la volonté, modifier les mouvements thoraciques et abdominaux, jusqu’à les rendre alternants. Mais ce n’est point là un type normal de la respiration ; le parallélisme de ces mouvements nous a paru constant à l’état normal2.

1. On fait varier la sensibilité de l’instrument, c’est-à-dire l’amplitude du tracé fourni par un mouvement quelconque, en faisant avancer ou reculer le tambour avec la pièce qui soulève le levier, de manière que celle-ci agisse plus ou moins près de l’axe de rotation de ce levier. (Voir Technique, p. 447.)

U. Dans de récentes expériences, Luciani a obtenu de singulières alternances entre

Il résulte de là que le point auquel on devra appliquer la ceinture pour recueillir les mouvements respiratoires est indifférent. La seule indication est de choisir le point où ces mouvements ne soient ni trop forts ni trop faibles, pour s’enregistrer facilement.

Rapport des mouvements respiratoires avec ceux de l’air respiré.

Cette question présente une grande importance et ne peut se résoudre à priori ; en effet, il serait bien possible que les mouve- . ments de la respiration n’eussent pas toujours une efficacité proportionnelle à leur amplitude, c’est-à-dire que l’air expiré ou inspiré ne correspondît pas exactement à l’étendue du déplacement d’un point de la poitrine ou de l’abdomen. A certains- moments, la dilatation thoracique pourrait être neutralisée par quelque mouvement inverse, comme l’enfoncement des espaces intercostaux ou la diminution du diamètre longitudinal de la poitrine. Pour déterminer, s’il en était ainsi dans les conditions normales, nous avons procédé de la manière suivante.

En même temps que s’enregistraient les mouvements de la poitrine, nous avons recueilli un autre tracé exprimant les rapports de volume d’air qui entrait dans la poitrine et qui en sortait à chaque instant. A cet effet, on prend un grand réservoir d’une capacité de deux cents litres environ, on y adapte deux tubes, l’un très-large, qui se place dans la bouche pour respirer, l’autre plus étroit, qui se rend au tambour d’un enregistreur. A chaque inspiration, l’air du réservoir se raréfie, et cette raréfaction, transmise par le tube au tambour de l’appareil, produit un abaissement du levier; à chaque expiration, cet air est comprimé et le levier s’élève.

Si l’on sensibilise les deux instruments enregistreurs de manière à donner la même amplitude aux deux tracés, on voit que ceux-ci sont parfaitement superposables ; d’où l’on peut conclure que les mouvements extérieurs de la respiration ont une intensité proportionnelle aux quantités d’air que la poitrine aspire ou expulse à chaque instant l.

les pressions mesurées dans le thorax et dans l’abdomen ; j’ai dit comment ces alternances me semblaient pouvoir s’expliquer par un défaut des instruments employés.

1. On pourrait croire que le mouvement de l’air qui s’échappe de la poitrine ne doit

Page 1