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APPLICATION DU MANOMÈTRE

du robinet placé sur la branche de communication des deux manomètres conjugués. Pendant que s’opère le remplissage, le tube p est relevé et l’air s’échappe par la canule qui le termine. L’air ôtant complètement chassé, on ferme le robinet du lube qui porte la canule, et on continue à pousser du carbonate de soude dans le manomètre pour le mettre sous pression. On sait, en effet, que cette précaution est indispensable pour éviter l’entrée du sang dans le tube de transmission et pour retarder la coagulation

Fig. 319. Monomètre élastique contrôlé par un manomètre à mercure pour les pressions absolues.

presque immédiate qui en serait la conséquence. Mais il faut régler autant que possible la charge du manomètre d’après la pression artérielle de l’animal qu’on emploie : il est bon que la charge manométrique dépasse un peu le chiffre de la pression sanguine; mais il est dangereux, surtout si l’on opère sur une carotide, que le manomètre soit sous trop forte pression. Au moment où on établit la communication entre l’artère et le manomètre, le carbonate de soude pénètre dans le vaisseau, et s’il y est poussé trop fortement, il en résulte des accidents variables selon l’artère employée. Dans le bout central de la carotide, la pénétration du carbonate de soude peut tuer l’animal en quelques instants, pro-

bablement en arrivant jusqu’au cerveau par la carotide opposée, peut-être aussi en injectant le cœur lui-même par les coronaires. Si la fémorale a été mise en rapport avec le manomètre, au moment de l’ouverture du robinet, l’animal est pris de convulsions dans la patte correspondante, souvent dans les deux pattes postérieures, sous l'influence de l’arrivée du carbonate de soude dans les collatérales. Il pousse des cris, et si l’on ne fixe pas le membre, il peut arracher la canule ou faire tomber le manomètre. François- Franck a observé dernièrement de l’hématurie presque immédiatement après la pénétration du carbonate de soude sous trop forte pression dans le bout central de la fémorale chez un chien non cliloralisé; cette hématurie peut être attribuée à la pénétration du carbonate de soude dans les artères rénales. Ces différents accidents sont à éviter, et, de plus, il n’est pas indifférent de mélanger au sang une certaine quantité de carbonate de soude. La contractilité vasculaire est en effet profondément modifiée à la suite de cette pénétration. Malheureusement, nous ne pouvons savoir au juste à quel degré de pression nous devons soumettre le manomètre; ce n’est que par approximation et en raison de la valeur ordinaire de la pression qu’on peut adopter pour la fémorale : 16C.Hg. chez le chien, 8C. Hg. chez le lapin; pour la carotide : 14C.Hg. chez le chien, 7C.Hg. chez le lapin.

Quand on opère sur le bout central de la carotide, il est bon de se prémunir contre une pénétration trop brusque en maintenant l’artère à demi comprimée au-dessous de la canule au moment où on ouvre le robinet de communication; on peut encore appliquer le doigt sur le trajet de la carotide opposée, pour empêcher dans une certaine mesure l’entraînement du carbonate de soude par ce vaisseau.

Pendant longtemps nous avons eu à lutter contre le principal inconvénient de l’exploration de la pression artérielle : la formalion de caillots dans la canule. Aujourd’hui, après bien des essais, nous sommes arrivés à obtenir, dans les circonstances les plus favorables, chez des animaux à jeun, plusieurs heures d’exploration consécutives sans formation de caillot. Il est probable que c’est à la forme des canules, à leur large calibre et à la présence d’une petite réserve de carbonate de soude dans l’ampoule qui existe sur leur trajet, qu’il faut attribuer ce bon résultat.

Ces canules sont en verre et doivent être très-soigneusement faites Ce ne sont pas là de petits détails pour ceux qui font des

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