‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 27 sur 277 · COURBES DE L’ÉLASTICITÉ · texte numérisé non relu

COURBES DE L’ÉLASTICITÉ

Le module d’élasticité des corps de différentes natures s’exprime par la courbe de l’allongement qu’ils subissent en fonction du poids qui leur est appliqué. Wertheim a déterminé cette courbe pour différentes substances, parmi lesquelles se trouvent certains tissus organiques. D’après cet auteur, pour la plupart des tissus animaux, l'élasticité se traduirait par une courbe voisine de l’hyperbole1.

La résistance des différents milieux fluides au mouvement des corps qui s’y meuvent s’exprime également par des courbes; celles-ci sont de forme parabolique, lorsqu’on porte sur les abscisses la vitesse, et la résistance sur les ordonnées. Dans ces conditions, la concavité de la courbe est dirigée en haut. J’ai construit expérimentalement la courbe de la résistance de l’air, à propos de recherches entreprises sur les conditions mécaniques du vol des oiseaux. Cette courbe expérimentale diffère sensiblement de celle que donne le calcul, lorsqu’on suppose que les résistances croissent proportionnellement au carré des vitesses 2.

Du môme ordre sont les courbes qui expriment la perte de charge sur les différents points de la longueur d’une conduite d’eau, et pour des diamètres de plus en plus petits de cette conduite. Je dois à l’obligeance de M. Marié, ingénieur en chef de la ligne P. L. M., la communication d’une courbe de ce genre que ses dimensions trop grandes et la multiplicité des détails qu’elle renferme m’empêchent de reproduire.

Une courbe analogue pourrait, avec avantage, être appliquée aux calculs des pressions décroissantes du sang dans les artères, sous l’influence de la distance qui existe entre le cœur et le point considéré d’une part, et d’autre part, sous l’influence de la diminution de calibre des vaisseaux.

Toutefois on n’obtiendrait, au moyen de ces tableaux graphiques, qu’une évaluation fort approximative des changements qu’éprouve la pression du sang, à cause de l’incessante variabilité du calibre des vaisseaux artériels et des résistances que le sang éprouve; encore ces évaluations seraient-elles supérieures à celles qui ont été faites trop souvent par les anatomistes.

1. On appelle ainsi une courbe du second degré engendrée jpar l’intersection de la surface d’un cône avec un plan parallèle à deux génératrices.

2. Voyez, pour les détails de l’expérience, Marey, Travaux de laboratoire, 1 87 ô.

Page 1