‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 52 sur 277 · HISTORIQUE DES APPAREILS INSCRIPTEURS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DES APPAREILS INSCRIPTEURS

la mesure graphique du travail développé par la vapeur dans un corps de pompe *.

L’invention de l’électricité dynamique et celle de la photographie ont beaucoup servi au perfectionnement des appareils inscripteurs des météorologistes. L’électricité a permis de rassembler sur un même instrument les indications recueillies en des lieux différents. La photographie a eu pour rôle d’inscrire des mouvements qui n’ont pas assez de force motrice pour conduire une plume sur le papier.

C’est le manque de force qui constitue l’une des difficultés les plus fréquentes dans la réalisation des appareils inscripteurs. Cette difficulté a été tournée d’une manière très-ingénieuse par Regnard, en 1857, au moyen de rouages auxiliaires 2.

L’ingéniosité des auteurs éclate dans les mille combinaisons qu’ils ont adoptées pour inscrire le vent ou la pluie, la température ou la pression de l’air ; mais la diversité même des moyens

les crayons de tous les instruments tracent des courbes parallèles sur une planche recouverte de papier et entraînée par une horloge; il donne un dessin du tableau que formeraient ces tracés. Il ajoute (p. 351) que des leviers serviront à agrandir le mouvement des instruments dans le cas où il serait trop petit pour le tracé direct. Il discute aussi les avantages et les inconvénients du système d’enregistrement proposé par Changeux ( Journal de physique, chimie et histoire naturelle, XVI, 325), lequel consiste à reproduire des courbes discontinues au moyen de ressorts terminés par des pointes d’acier, que de petits marteaux, commandés par une horloge, enfoncent périodiquement dans le tableau mobile. Il ajoute que depuis quinze ans une pendule, faite par Cummings, enregistre, d’après ce système, l’état du baromètre au palais royal de Buckingham, à Londres.

1. A cet effet, l’illustre mécanicien anglais faisait tracer les mouvements de son indicateur des pressions sur un cylindre qui tournait par l’action môme du piston de la machine.

2. Voici comment est disposé l’appareil de Regnard. Dans son thermomètre, par exemple, au-dessus de la colonne, se trouve une pointe de métal reliée au style inscripteur et se déplaçant avec lui; dès que cette pointe touche le mercure, elle ferme un courant électrique. Sous l’influence de ce courant, un électro-aimant met en marche un rouage qui élève le style et fait sortir la pointe du mercure. Aussitôt, le courant rompu provoque la marche d’un rouage qui tourne en sens inverse et ramène la pointe au contact du mercure. De cette façon la pointe métallique exécute sans cesse à la surface du mercure une série de petites oscillations insensibles dans le tracé, et accompagne toujours la colonne dans tous les déplacements qu’elle éprouve, sous l’influence des changements de température. Rédier a supprimé l’emploi de l’électricité pour faire marcher le rouage auxiliaire. Les plus petits déplacements d’un flotteur qui suit les mouvements d’une colonne liquide lui suffisent pour embrayer et désembrayer tour à tour les vo. lants d’un rouage différentiel dont le mouvement conduit le style traceur dans un sens ou dans l’autre, avec la force nécessaire pour faire frotter vigoureusement la pointa d’un crayon sur le papier.

employés est un grave obstacle aux progrès de la science, celle-ci doit tendre à les simplifier de plus en plus1.

1. Après avoir passé en revue tous les essais dont les annales de la météorologie ont gardé le souvenir, Radau lermine par les conclusions suivantes : « Si dans un grand nombre de stations, les circonstances atmosphériques étaient enregistrées d’une manière continue par des machines combinées partout sur le même principe, on pourrait enfin songer à faire les archives du temps, et la météorologie deviendra peut-être une science exacte. » ( Loc . ci.t., p. 53.)

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