‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 67 sur 277 · ERREUR PERSONNELLE · texte numérisé non relu

ERREUR PERSONNELLE

tandis que la main, frappant sur une touche, produit le signal de la perception à l’instant R. On voit que ce signal retarde moyennement de 1/10 de seconde sur le moment de l’excitalion; c’est la mesure de l’erreur personnelle. On voit encore que ce retard

I4 i£* 69. Mesure de l’erreur personnelle, par Bloch. (Série supérieure e, instants où l'on a excité 1 épaule ; R, instants où l’on a réagi à l’excitation. Série inférieure e\ excitation de la main ; R', réaction.)

est fort irrégulier, ce qui paraît tenir tantôt à des aptitudes individuelles et tantôt au degré d’attention apportée par l’observateur. Enfin, si l’on considère que, dans un premier groupe d’expé-

riences (série supérieure e), on excitait l’épaule, et que dans une autre (série inférieure e') on excitait la main, on constate que, malgré la plus grande distance à parcourir, l’impression venue de la main se traduisait par une réaction au moins aussi rapide que celle qui avait agi sur l’épaule.

Ce sont là des expériences très-intéressantes à suivre, mais encore fort difficiles à cause de la variabilité des résultats qu’elles fournissent. La conclusion qu’on en peut tirer dès maintenant, c’est que, sous peine de commettre des erreurs notables, il ne faut pas confier à l’appréciation des sens la mesure des phénomènes de courte durée. On va voir comment cette mesure s’obtient en forçant le phénomène lui-même à fournir des signaux automatiques de son début et de sa fin.

Détermination de la durée d’un phénomène.

Toutes les fois que l’acte qu’on veut mesurer est accompagné de mouvements, on recourt aux signaux automatiques pour en marquer le débat et la fin. Le chronographe indique avec toute la précision désirable la durée d’un phénomène, d’après le nombre de vibrations contenues entre les deux signaux.

Ainsi, en balistique, on détermine le temps qui s’écoule entre les passages d’un boulet au travers de plusieurs cibles successives, distantes l’une de l’autre d’un intervalle connu, et de cette mesure on déduit la vitesse du projectile.

Le même principe m’a servi à estimer la vitesse plus modeste des ondes liquides à travers les tubes, en mesurant le temps qui s’écoule entre les signaux du passage de cette onde en deux points du tube dont on connaît l’intervalle. Ces dernières expériences trouveront leur place à propos des inscriptions multiples simultanées. (IVe partie, chap. i.)

Le nombre des applications de la chronographie est pour ainsi dire infini ; maintes fois nous aurons à en montrer des exemples, quand il s’agira des mouvements du cœur, de la respiration ou des actions musculaires qui constituent les différents types de la locomotion. En physique, cette manière de mesurer les courtes durées est indispensable et devra se substituer à toutes les estimations et approximations dont on était obligé de se contenter autrefois.

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