‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 68 sur 277 · DURÉE D’UN COUP D’AILE · texte numérisé non relu

DURÉE D’UN COUP D’AILE

Je me bornerai à un seul exemple d’expérience destinée à mesurer la durée d’un phénomène sous des influences qui tendaient à le modifier. Il s’agissait de savoir quelle est la durée des battements de l’aile d’un oiseau et si elle ne change pas sous certaines influences.

Détermination de la fréquence des mouvements de l’aile d'un oiseau et des durées relatives des phases d’élévation et d'abaissement .

L’œil ne saurait suivre ces mouvements qui, dans les petites espèces d’oiseaux, se répètent 8 ou 10 fois par seconde; la chro-

Fig. 70. Oiseau transmettant les battements de ses ailes h un signal électro-magnétique et à un myographe inscripteur.

nographie m’a permis d’en mesurer la durée dans les conditions suivantes:

La figure 70 représente un pigeon qui vole dans une vaste salle

APPAREILS IN SCRIPTE (JRS DES MOUVEMENTS.

sur une longueur d’environ 14 mètres. L’animal est relié, pour ainsi dire télégraphiquement, avec des appareils inscripteurs qui pointent le moment de l’élévation et celui de l’abaissement de son aile. Comme valeur de ces durées, j’ai trouvé les chiffres suivants :

Durée totale

d’une Ascension. Abaissement,

révolution de l’aile.

Canard . 11 § centièmes de seconde. 5 6’

Pigeon . 12 j » 4 8j

Buse . 32 i » 12 J- 20

Une sorte de soupape à air s’ouvrant et se fermant tour à tour selon le sens du mouvement de l’aile ouvrait et fermait un courant électrique, lequel actionnait un signal inscripteur 4.

D’autre part un appareil myographique (voy. p. 201) inscrivait l’action des muscles moteurs de l’aile.

Certaines expériences m’ont servi a mesurer les changements de durée qu’éprouve la phase d’abaissement de l’aile de l’oiseau suivant le degré de vitesse de la translation de l’animal. (Y. Technique, chap. il.)

Succession et synchronisme de deux phénomènes.

Je crois avoir introduit le premier, en physiologie du moins1 2, la méthode qui sert à établir les rapports de synchronisme ou de succession de deux mouvements. Nos sens ne se prêtent que Irès-incomplétement à de pareilles mesures, tandis que l’emploi de signaux enregistrés les fournit aisément avec une précision parfaite.

Au moyen de styles superposés, en nombre plus ou moins considérable, on peut estimer les rapports de succession ou de synchronisme d’autant de phénomènes qu’il y a de styles employés.

C’est avec trois leviers superposés que, Chauveau et moi, nous

1. Ce signal, encore imparfait, était loin d’obéir d’une manière aussi instantanée que ceux de M. Deprez, que j’emploie exclusivement aujourd’hui.

2. Voyez les expériences sur le mouvement des liquides, Annales des Sciences naturelles , 1857, 2e série, t. VIII, Zoologie, p. 330 et suiv.

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