SUCCESSION ET SYNCHRONISME
avons mesuré l’intervalle qui sépare la systole des oreillettes de celle des ventricules du cœur, ainsi que la coïncidence parfaite de la systole ventriculaire avec la pulsation cardiaque. On mesure de la même manière les intervalles qui séparent les moments d’apparition du pouls dans les différentes artères d’un homme ou d’un animal.
Dans ces expériences, les tracés obtenus faisaient plus que signaler l’instant d’apparition des différents phénomènes observés. Ces tracés renfermaient des renseignements d’un autre ordre, relatifs à l’énergie et aux phases diverses du mouvement de chaque cavité du cœur; aussi reviendrons-nous sur ces expériences, à propos de l’étude des mouvements proprement dits *.
La succession des appuis et levés des pieds, dans la marche de l’homme et surtout dans les allures si variées des quadrupèdes, était difficile à déterminer par l’observation directe. Les auteurs qui avaient étudié cette question s’étaient servis parfois de signaux acoustiques, renonçant à juger au moyen de la vue cette rapide succession de mouvements. J’ai obtenu très-simplement la solution de ce problème. Deux styles inscripteurs pour l’homme, quatre pour les quadrupèdes, traçaient, sur un cylindre enfumé, chacun les mouvements d’un pied, c’est-à-dire l’instant où le pied frappe le sol et celui où il se soulève. Les signaux étaient transmis par l’air et le retard de la transmission avait été égalisé par le soin qu’on avait pris d’employer, pour les quatre pieds, des tubes de transmission de même longueur. Pour signaler l’instant de son appui, chaque pied écrasait une petite poche contenue dans une semelle de caoutchouc (fig. 71), qui envoyait de l’air dans les tambours inscripteurs ; le levé du pied était suivi d’une rentrée de l’air dans la boule, ce qui produisait un nouveau signal. On voit (fig. 72; un homme muni de chaussures qui, à chaque appui du pied, envoient de l’air dans le tambour inscripleur. Le coureur
1. L’emploi des signaux à air présente, dans certains cas, une supériorité marquée sur celui des signaux électriques ; c'est lorsqu'il s’agit d’inscrire un acte dont le début serait trop faible pour mettre en mouvement un interrupteur électrique; ce dernier risquerait, en effet, de n’agir qu’au moment où le mouvement dont il doit marquer le début aurait acquis une énergie suffisante pour rompre un courant de pile. Cela pourrait donc amener un retard du signal sur le début réel du mouvement ; je m’en suis aperçu, bien des fois, dans les premières tentatives que j'ai faites pour étudier avec des appareils électriques la succession des mouvements du cœur.
156 APPAREILS inscripteurs des mouvements.
tient à la main l’appareil à cylindre sur lequel s’inscrivent les appuis de chacun de ses pieds.
Fig. 71. Chaussure exploratrice des appuis du pied sur le sol.
On obtenait ainsi deux sortes de tracés, appartenant au pied droit et au pied gauche, et dont les élévations [et abaissements
Fig. 72. Coureur muni de chaussures exploratrices et portant l'appareil inscripteur du rhythme
de son allure.
alternaient entre eux, comme les mouvements des pieds euxmêmes (flg. 73).