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48 DEUXIÈME CONFËRENCE.

VOUS mesurez avec ces formules une situation à laquelle elles ne conviennent pas. Voici, par exemple, la personne adorable de Jésus-Christ. Il est fils naturel de Dieu, il n'est donc pas son fils adoptif, même pour sa nature humaine. Cela est clair pour nous qui distinguons nettement les deux natures. Le P. Fontaine pose le dilemme aux Juifs : Admettez-vous que le Messie est le fils naturel ou le fils adoptif de Dieu? Choisissez et prenez garde, car si vous dites fils adoptif, vous niez donc la filiation naturelle. Voici les termes précis : « L'auteur des Études évangéliques découvre une filiation simplement adoptive qui limite l'être du Christ à des proportions simplement humaines. » On entend donc ici une filiation adoptive, simplement adoptive, c'est-à-dire constituée dans sa netteté théologique, et celle-là limite en effet Têtre du Christ. Mais pour que deux concepts s'excluent et se limitent, il faut qu'ils soient perçus. Le Juif n'aurait qu'à répondre qu'il n'a pas étudié la question. Les prophètes lui annoncent un Messie qui sera fils de Dieu. A supposer qu'on l'entendit alors d'une filiation adoptive, ce sens n'était nullement limitatif. Il serait au moins cela, et peut-être ce titre de Fils de Dieu cachait-il autre chose. C'est ce qui n'était pas clair pour tous d'après l'état de la théologie d'alors. Le P. Fontaine continue : « Oui, l'ange et le Père céleste

se sont exprimés de manière à faire croire à un messianisme tout humain, à une filiation adoptive, négation de la vraie filiation. En un mot, ils ont parlé comme des Ariens^. » Vous le voyez, c'est le même état d'esprit : en face de l'affirmation de la filiation naturelle, si vous affirmez la filiation purement adoptive, vous niez donc la vraie filiation. Mais, alors, Topposition n'existait pas. Le Père céleste parlait comme il convenait pour préparer les voies à une intelligence plus complète. S'il eût parlé comme un arien, le blasphème à part, on n'y eût rien compris avant le troisième siècle après J.-C, et la seule idée de comparer les termes du texte à ceux de l'Arianisme ne suppose-t-il pas chez l'auteur quelque défaut de sens historique? Le Verbe d'Arius, ce grand démiurge créature, il y avait de quoi bouleverser toutes les cervelles de la Synagogue !

On nous renvoie à la physiologie : « Le physiologiste étudie ainsi, j'imagine, un organe quelconque dans le règne animal soumis à son investigation. Son premier soin est de considérer l'organe pleinement et parfaitement conformé, avant de parcourir les étapes successives qui ont été comme des essais et des préparations de la nature à sa constitution définitive ^. » Ce passage a une saveur

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