Les infiltrations, texte de Schecben, p
Une question de temps aussi. Car sur ce seul point le labeur est beaucoup plus considérable qu'on ne le suppose lorsqu'on reproche à l'exégèse nouvelle de n'avoir donné jusqu'à pçésent que des résultats négatifs. Il ne s'agit plus seulement d'écrire la suite de la religion en parcourant la Bible par les sommets; il faut comparer la religion d'Israël à celle de ses voisins, et voici, qu'en Mésopotamie surtout, chaque jour apporte des découvertes nouvelles. Puis on ne peut se dispenser de rapprocher la religion des Sémites eux-mêmes de celle des autres peuples. Aussi dois-je vous avouer en toute simplicité que je suis loin d'être en état d'écrire l'histoire du développement religieux d'Israël. Il faudrait être indulgent pour notre lenteur, précisément à cause de nos scrupules. Nous ne pouvons, comme tel indépendant, écrire une histoire d'Israël qui sera demain remplacée, mais qui aura fait honneur à l'étendue des connaissances de son auteur ou à la perspicacité de quelques vues. Un catholique a le sentiment de sa responsabilité, sans parler du péril plus négligeable d'attaques inconsidérées. Cependant je m'efforcerai d'indiquer quelques traits généraux.
Le premier fait à constater, c'est qu'à la Suite de la religion, telle que Ta écrite Bossuet, il manque toute une partie de la chaîne. Lorsque Abraham est appelé de Dieu en Chaldée pour être le père
du peuple choisi, c'est vraiment une histoire nouvelle qui commence. On a très souvent cité le texte de Josué qui accuse les ancêtres d'Israël d'avoir versé dans l'universel polythéisme ^ Nous devons donc nous abstenir à leur sujet de spéculations sur la transcendance de leur foi. Nous avons même ici un point d'appui très précieux dans la tradition des Pères. S. Cyrille d'Alexandrie, qui n'a jamais été suspect de rationalisme, le grand adversaire de Nestorius et des Syriens, a reconnu avec un sens critique très juste la valeur du texte qui nous montre Jacob à Béthel, étonné que Dieu soit là. Les patriarches, nous dit ce Père, à peine convertis de l'idolâtrie, avaient des idées très pauvres sur la divinité -.