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*6 TROISIEME COXTÉREXCK.
(Israël) dot à ses prophètes et oniquement à enx de s'élever ao-dessos de toas les antres. Grâce à eux, sa pensée fut bieoti^t purgée de toute erreur ayant trait à la divinité Mais à part cette conception, en dehors de là, le prophète n'avait pas à toucher aux idées de son peuple ; et il n'y a pas touché : il les a prises telles qu'il les a trouvées, inconsistantes comme les idées d'un enfant, fausses images de la réalité, notions fatalement incomplètes, comme le seront toujours les conceptions des hommes. L'esprit de Dieu cependant s'est joué au travers de nos illusions, n'adoptant jamais, jusqu'à la faire sienne, l'opinion erronée; il s'est appuyé dessus, mieux, il a glissé dessus, comme sur un mauvais miroir, sur une flaque de boue, glisse sans se salir le rayon du soleil. »
Mais comment concilier ces expressions inexactes avec la dignité de TEsprit-Saint? Car enfin il s'agit d'un livre cjont Dieu est Fauteur qui n'a pu ni se tromper, ni tromper; voilà la difficulté ordinaire. Le P. Lacôme continue : « Admettons que le ciel de la Genèse soit, ce qu'il n'est pas dans la réalité, une voûte solide; TEsprit-Saint est-il tombé dans Terreur? Le bon sens pourrait fournir la réponse. Quand un maître d'école veut instruire un enfant d'une science, l'astronomie par exemple, il doit aller progressivement, il ne peut du premier coup faire passer toutes les connaissances de sonin-r
telligence dans celle de son élève. Pour avancer, il doit avoir un point de départ sur lequel il s'appuie : cette base à tout son enseignement, ce sont les idées que possède déjà l'enfant. Ces idées sont les seuls matériaux pour édifier, les seules forces disponibles pour donner le branle à Tesprit et le faire avancer.
« Quand donc le maître, ayant à se mettre en communion avec Félève, s'ingénie à deviner les conceptions bizarres et folles qui ont germé dans son cerveau ; quand, les ayant découvertes, il s'en empare et les fait jouer pour glisser au travers d'elles quelques atomes de vérité; quand, pour lui mâcher les premières bouchées d'astronomie, il reprend les vieux mythes et les vieux errements, personnifiant le soleil, et le faisant s'élancer, dans sa course quotidienne, de soulever à son déclin, le maître approuve-t-il par là toutes les illusions qui voltigent dans une jeune tête? Or l' Esprit-Saint, dans la Bible, est en vérité ce pédagogue, ce prédicateur.
<c II est maître à côté des autres maîtres de la terre, maître comme eux, à leur façon; il a un enseignement à lui, une science à lui, la science surnaturelle et il a voulu la communiquer à l'homme... » Et encore, parlant de la sagesse de Dieu qui répudie la science de l'homme : « Au titre unique de docteur ès-sciences divines, elle est
venue, elle a installé sa chaire à la suite des autres chaire*, sur les places publiques, aux carrefours, elle a groupé tous les passants sans distinction et leur a proposé sa doctrine ; elle s*est cantonnée dans sa partie, et en dehors de là, à la manière de tous les grands instituteurs du genre humain, elle a parlé comme le peuple. Et de ce qu'avec lui qui reste toujours un bien petit enfant, elle a bégayé, de ce qu'elle lui a épelé les mystères du ciel, il serait insoutenable de la charger, elle moins que tout autre, elle dont renseignement est si haut, si pur, de tous nos bégaiements et de toutes nos inconséquences. Seule notre ignorance doit être mise en cause. »
Je disais que ce système n'avait pas fait sensation. Pourtant quelqu'un veillait. Le R. P. Brucker dénonça dans les Études ces vues comme dangereuses. Il concluait ^ : « L'hypothèse du R. P. Lacôme, si séduisante quelle soit au premier abord, me parait donc ruineuse... Je crois qu'un maître humain, s'il est sage et consciencieux, n agira pas de cette manière; jamais, pas même au point de départ, il ne s'étayera des conceptions fausses de son élève, au risque de les lui faire prendre pour la vérité ou de discréditer ses leçons à l'avance. A plus forte raison, le Maître divin, Vérité suprême,