‹ La méthode historiqueChapitre 23 sur 45 · s. Auc, In Gen. op. imper f · texte numérisé non relu

s. Auc, In Gen. op. imper f

elles contenaient un abrégé d'histoire sacrée et profane qui nous eût été donné par Dieu.

« Il faut aussi que Tinterprète prenne bien garde à la façon dont les faits historiques sont rapportés parles écrivains sacrés. En effet, au témoignage de S. Jérôme, « c'est l'usage de l'Écriture que l'histo- « rien rapporte l'opinion commune, telle qu'on <( l'admettait généralement de son temps »; et encore : « on raconte beaucoup de choses dans les « Écritures sacrées selon l'opinion de ce temps au- « quel se rapportent les faits, et non selon ce qui en « était en réalité et non iuxta qiiod 7*ei veritas con" « iinebat ». Cette observation du s. Docteur est très importante (je crois bien !) ; il nous avertit par là de ne pas presser les paroles des Écritures d'après l'état actuel des sciences, mais de les expliquer d'après la pensée et l'intention des écrivains sacrés. Que de difficultés n'auraient jamais été soulevées, si tous les interprètes avaient toujours eu sous les yeux cet avis de S. Jérôme! »

Et qui prend assez garde à ces sages paroles du P. Comély lui-même? On aime mieux dire que S. Jérôme a excédé, qu'il n'avait pas coutume de peser ses mots, et on a exclu systématiquement de l'examen de la tradition le Père de la Vulgate, le grand scrîpturaire, celui de tous les anciens que les critiques modernes peuvent le moins se dispenser de lire

Le P. Comély donne un exemple : « Ce serait 8* exposer, et rÉcritore sainte avec, au ridicule, que de conclure du texte des Actes (ii, 5) : il y avait à Jérusalem,,, des hommes religieux de toutes les nations qui sont sous le ciel. . . qu'il y avait des Américaios à Jérusalem le jour de la Pentecôte. » — Vraiment, mais ne serait-ce pas là un badinage mal sonnant? je flaire quelque infiltration protestante en un lieu où elles n'auraient jamais du pénétrer. Car enfin, les termes sont formels... de toutes les nations quisontsous le ciel... et où ironsnous avec cette exégèse? alors le déluge qui a inondé toute la terre, qui a noyé tous les hommes? — Il n'en est pas effrayé, messieurs. Il conclut placidement : vous pourrez m'en citer bien d'autres ! Innumera alia eiusmodi exempla afferri possunt ^

Qu'est-ce à dire, si ce n'est que les récits historiques, ceux mêmes qui ont pleinement le caractère de Thistoire, ne doivent pas être compris d'après la science de Dieu qui sait tout, mais d'après l'horizon de l'homme, qui est borné, et que quand l'écrivain sacré n'en sait pas plus que les autres, dût-il en conséquence employer une expression matériellement fausse, il se peut très bien que Dieu ne lui apprenne rien de plus.

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