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d'histoire qu'on ne le croyait lorsque Thistoire était moins connue.
Quelques personnes nous avaient demandé une explication sur les deux manières bien différentes d'entendre la méthode historique appliquée à la Bible dont nous avions dit un mot dans notre Avant-propos; la lettre à M*' Batiffol *, ajoutée en appendice, pourra en tenir lieu.
Il va sans dire que cette lettre n'avait pas la prétention d'être une « réfutation en forme du système de M. Loisy ». Le savant exégète, quittant le terrain de l'érudition, a esquissé ime vaste synthèse (?) qui touche à tout le développement doctrinal et sacramentaire dans l'Église, comme aux premiers principes de la foi. De cette synthèse, les amateurs indifférents ou sceptiques, aussi bien que les champions les plus ardents du conservatisme, ont tracé un résumé qui en fait une rupture avec le catholicisme traditionnel. Les amis de l'auteur se sont bornés à plaider l'obscurité et les
!• Cette lettre a paru dans le Bulletin de littérature ecclésiastique de Toulouse (Décembre-janvier 1903-1904).
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équivoques possibles en insistant sur les intentions de l'auteur que nous supposons aussi bonnes. Il faudrait un courage peu ordinaire et une capacité encore moins commune pour aborder au pied levé tant de questions. Il nous a paru qu'il y avait un peu... d'emballement de la part de l'auteur et d'une partie du public, et nous avons seulement voulu dire qu'il ne nous paraissait pas justifié. Sur le terrain exégétique nous avons allégué des textes assez formels d'après la méthode dite critique; ces raisons n'ont pas été discutées. n ne nous restait qu'à classer le système, au point de vue de la critique évangélique, parmi les constructions éphémères qui se succèdent sous nos yeux chez nos voisins. Ce qu'on pouvait prévoir est arrivé. Un critique, qui n'est pas moindre que Jules Wellhausen en personne, ne voit pas trace de parousie dans les paroles authentiques de Jésus !
Cette appréciation est dure, mais, dans une si grave circonstance, pourquoi ne pas dire au public et à M. Loisy lui-même ce qu'on estime être la vérité?
Avec la môme franchise nous déclarons nettement que nous aurions beaucoup préféré nous
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tenir aux côtés de l'éminent exégète s'il s'était contenté de revendiquer le libre exercice des bonnes méthodes de critique et d'exégèse. Quelque troublée que soit la situation, elle est moins fatale au Catholicisme que la stagnation d'il y a vingt ans. Le pis est qu'on était content de soi, ignorant même ces irrisiones infidelium dont saint Thomas affirme qu'on doit se garder.
C'est ici que la sincérité — même au prix d'un scandale passager — vaut mieux que la dissimulation qui perpétue le mal. Toutes les pages qui suivent supposent que la Bible est une matière mixte. Aucun exégète catholique ne peut avoir la prétention de se soustraire au jugement dogmatique de l'Église, mais aucune autorité ne peut soustraire nos productions, pour leur partie scientifique, au jugement des hommes compétents, ni empêcher que ce verdict soit exploité contre l'Église, s'il constate une réelle insuffisance. Ce qu'on débiterait alors sous le nom d'exégèse catholique ferait autant de mal à notre foi que des innovations téméraires, et tendrait à créer un état d'esprit qui ne serait pas digne de l'honneur intellectuel de l'Église. A côté des dogmes de
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foi, qui sont la vie de nos âmes et le salut du monde, auxquels il ne faut pas toucher pour les transformer, même d'une main pieuse, les exégètes — non pas l'Église — s'étaient imposé bon nombre de prétendus dogmes historiques et littéraires, fardeau léger pour le moyen âge métaphysique, parce que rien n'est impossible à Dieu, fardeau déjà pesant au temps de la Renaissance, que le Protestantisme a mis allègrement sur ses épaules pour échapper à l'autorité pontificale, mais de plus en plus lourd parce qu'il s'augmentait des solutions plus ou moins heureuses des commentateurs, et décidément intolérable pour un siècle initié à la connaissance de l'ancien Orient. C'est sur ce point qu'il convient de faire la lumière, et d'écouter la critique. Encore y faut-il des ménagements infinis; qui dit critique dit prudence et circonspection; mais il est bon qu'on sache que nous avons toute liberté pour mettre à profit les connaissances du temps.
Léon XIII, en créant la commission biblique, et Pie X, en organisant le doctoral en Écriture Sainte, ont évidemment voulu que les études se meuvent dans le double esprit de respect du