‹ La Méthode Périnéo-Coccygienne avec conservation du Sphincter dans le traitement du Cancer Ampullaire du RectumChapitre 27 sur 32 · SALES ER · texte numérisé non relu

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ou partielle. Ces termes qu’on retrouve souvent dans les statis-

tiques s'appliquent tantôt à la continence volontaire, tantôt à la continence purement passive des anus périnéaux dépourvus

de sphincter. En décrivant nos résultats, nous distinguerons entre diverses formes de continence que nous classerons ainsi

qu'il suit. :

lo Résullats bons qui comprennent: a) la continence complète des matières solides et liquides et des gaz, avec sensibilité de la muqueuse anale au toucher, sensation de besoin et contractilité sphinctérienne énergique, appréciable à la vue et au toucher; b) Continence moins absolue comprenant la continence complète des matières solides et liquides, sensibilité obtuse de la muqueuse au toucher et à la distension avec issue involontaire des gaz.

2c Résultats médiocres. — Incontinence partielle ou totale des malières semi-liquides et liquides avec rétention volontaire ou passive des solides. Résultat en somme comparable à ceux obtenus dans les amputations périnéales et compatibles, grâce à

un régime approprié, avec une vie active, le malade s’habituant

à vider son rectum ên une ou plusieurs fois, le matin. :

30 Résultats mauvais. -— Incontinence totale des matières quelle qu'en soit la forme. | Cette classification est forcément schématique, les cas n'étant pas toujours superposables et les renseignements des mala-

des manquant souvent de netteté. Cependant, il nous est com-

mode de l’adopter pour la facilité de l’exposition.

Dans Fappréciation des résultats, il est utile de reprendre ici la division entre les cancers de la partie basse ‘de l’ampoule et les cancers hauts-placés jusqu’au défilé recto-sigmoiïdien.

to Résultats obtenus dans les cancers des parties moyenne et basse de l’ampoule rectale. — Sur 15 cas appartenant à cette catégorie, 4 cas présentaient des adhérences ou un envahissement localisé du sphincter, qui rendirent nécessaire lexcision parlielle du muscle (Obs. V, VII, XIV, XX). Dans 3 de ces cas,

‘ l'incontinence fut totale, dans 1 cas la contraction sphincté-

riennc est redevenue perceptible au toucher et les matières solides sont retenues. Ces 4 cas ne peuvent évidemment pas entrer en ligne de compte pour l'appréciation de la valeur du sphincter conservé. rs

Sur les 11 cas restants où l'appareil constricteur resta intact, il s'établit dans 2 cas (Obs. I et Il), un rétrécissement anal. Dans la première de ces observations, nous voyons la ‘sténose s'établir lentement au bout de 2 ans, pendant lesquels la fonction sphinctérienne était parfaite. Dans le second cas, le rétré-

cissement peu serré a élé amélioré par la dilatation,

ee

Une fois (Obs. IX), la récidive rapide empêcha lappréciation de l’état ultérieur de la fonction.

Sur les 8 autres opérés, nous relevons dans 2 cas une incontinence totale (Obs. XI et XVIII), une fois avec prolapsus volumineux.

Deux fois, il existait une incontinence des matières liquides avec con!inence des solides (Obs. XVI et XVII). Ces cas sont à rapprocher des observations I, IE et VIII: dans ces 5 observations, le résultat médiocre était comparable, au point de vue fonctionnel, à celui d’un anus périnéal dépourvu de sphincter. :

Dans 4 cas (sur 2 malades à sphincter intact), les résultats furent bons. Chez 2 de ces malades (Obs: VI et XIT), la fonction esl redevenue à peu de chose près ce qu’elle était avant l'opération. Les 2 autres malades accusent une incontinence des gaz dûe, dans un cas à une petite fistule qui a été opérée:

Les résullats fonctionnels se sont donc montrés bons dans 36,5 % des cas de cancers moyens ou bas où la conservalion du sphincter intact fut possible.

20 Résultats obtenus dans les cancers étendus de la partie

supérieure de l’ampoule et dans les cancers recto-sigmoïdiens. — Sur 8 cas de cancers de cette catégorie, nous relevons trois observations où les résultats sont bons, 2 fois la continence est lotale pour les matières et les gaz (Obs: III et XXI), une fois un léger rétrécissement traité par la dilatation ne s'oppose pas à une bonne rétention des matières solides et liquides. - Dans un cas (Obs. XIX), nous notons la continence des solides avec inconltinence des liquides. Dans les 4 cas restants (Obs. IV, X, XXII et XXII), un rétrécissement plus ou moins serré a compromis partiellement ou totalement la fonction. Une fois il s’agit d’un anneau cicatriciel assez large et le mar lade, après avoir vidé en plusieurs fois l'intestin dans la matinée, n’est plus.incommodé au cours de la journée. Le rétrécissement se complique dans un cas d’une large fistule recto-vaginale, et enfin deux fois une récidive locale est survenue.

Si nous comparons maintenant le pouncentage des bons fonctionnements sphinctériens, suivant le siège du cancer, nous voyons que la proportion est à peu près la même: 36,5 0% pour les cancers ampullaires et 37,5 0 pour les cancers hauts.

Par contre, le nombre d'échecs attribuables au rétrécissement anal est beaucoup plus faible pour les premiers (20 %) que pour les seconds {50 %). Cette différence s'explique par la fréquence du sphacèle de la tranche intestinale dans les cancers hauts; .il en résulte soit. l'infection de la plaie avec anneau cicatriciel serré, inextensible, soit même en dehors d’une suppuration importante, le développement d’une cicatrice exhubérante en vertu, comme l’observe Lyc, de la loi qui veut que l'importance du tissu cicatriciel soit inversement proporlionnelle à l'abondance de l'irrigation sanguine des parties.

On est donc autorisé à penser que la conservation du sphincter donnerait de bien meilleurs résultats dans les cancers hauts si l'on pouvait assurer une bonne vascularisation de l'intestin descendu, ce qui ne peut être fait avec certitude que par l'opération combinée.

En comparant les chiffres de notre statistique avec les résultats des résections par voie postérieure, nous voyons que ces dernières donnent plus souvent une .continence volontaire complèle; ceci est peut-être dû à la fréquence de la suppuration des plaies périnéales qui retentit sur l'appareil constricteur, Du reste, pour la voie postérieure elle-même, les chiffres varient suivant la technique employée dans le rétablissement de la

continuité intestinale. D’après ROTTER, sur 64 cas où le sphinc-

ter fut conservé, la continence se montra dans 70 % des cas; le taux s’éleva même en 90 % dans les cas de sutures circulaires primilives ou secondaires, tandis que dans les cas d’implan-

tation dans le canal anal dépouillé de sa muqueuse, les résul-

tats furent compromis par la gangrène et la sténose. La statistique de ZINNER, au contraire, signale dans 62 % des cas d’implantation une continence parfaite contre 37 % après suture circulaire et 50 % après invaginalion simple. D’après Kue- FERLÉ, 40 % de sutures circulaires se montrèrent continents.

Il est donc absolument légitime de chercher à conserver le sphineter dans les cas de cancer ampullaire moyen ou hautplacé, puisque chez 1/3 au moins des opérés ayant ;survécu à l’opération la continence reparaît, normale, ou presque normale, et que les cas sont rares d’incontinence totale.

LES GUÉRISONS DURABLES. — 10 malades sur 23 ayant survécu à l'opération, sont actuellement en vie, sans récidive, ayant tous atleint ou dépassé la 3° année.

Voici: en détail leur durée de survie post-opératoire:

1 cäs opéré depuis 6 ans;

2 — opérés — plus de 5 ans et demi; 1 — opéré — 5 ans;

1 — opéré — 4 ans et 8 mois;

2 —- opérés — plus de 4 ans;

1 — opéré — 4 ans;

1 — opéré — 3 ans et demi;

1 — opéré — 3 ans.

10 cas

Sans qu’on puisse affirmer que ces malades soient définilivement guéris, le fait d’avoir dépassé la période la plus dangereuse permet d'espérer que ces guérisons se maintiendront. Tel qu'il est, le résultat est tout à fait remarquable, puisqu'il signilie un pourcentage de quérisons durables de #3,# 0%.

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