‹ La méthode scientifique de l'histoire littéraireChapitre 115 sur 135 · Même édition, I, p. in · texte numérisé non relu

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J'aarais, jeune Romain, au sénat, aux combafs, Usé pour la patrie et ma voix et mon bras ; Et si du grand César l'invincible génie A Pharfiale eût fait vaincre enfin la tyrannie, J 'au mis su, finissant comme j'avais vécu, Sur les bords africains défait et non vaincu, Fils de la liberté, parmi ses funérailles, D'un poignard vertueux déchirer mes eotrailles.

Combien d'aulres pensent ainsi dès le collège ! Tous ces héros futurs en sonl-ils sortis; adieu tribune, éloquence, liberté! La société dans laquelle ils se trouvent lancés tout à coup n^oITre rien de tout cela. Faudra-t-il donc renoncer à des idées caressées dès Tenfance, à des talents qu'on a pris tant de peine à cultiver? N'aimeront-ils pas mieux essayer d'acclimater dans la société ce qu'ils y cherchent en vain? Marmontel raconte dans ses Mémoires qu'étant en rhétorique il fut menacé du fouet par un maître injuste et sévère. Comme sa dignité s'oppose à ce qu'il subisse le châtiment ignominieux, il se souvient des discours qu'il a appris et composés, il rentre dans sa classe, adresse à ses camarades une véhémente exhortation, il les soulève et leur fait jurer de ne pas Tabandonner. C'est une révolte qui éclate à la voix du tribun improvisée Vous avez là sous une forme plaisante l'image de ce qui se passe dans ces jeunes esprits, quand, au sortir du collège, ils se trouvent aux prises avec la réalité. Qu'on ne leur parle plus d'accepter docilement Tautorité d'un roi et le nom de sujets ! Us sont capables de répondre : Nous sommes citoyens romains.

Ces conséquences, tous ne les tirent pas, mais tous sont prêts à les tirer. Ecoutez l'un d'entre eux* : « On nous élevait, dit-il, dans les écoles de Rome et d'Athènes et dans la lierté de la République, pour vivre dans rabjection de la monarchie et sous le règne de Claude et de Vitellius, gouvernement insensé qui croyait que nous pourrions nous passionner pour les pères de la patrie, du Capitole, sans prendre en horreur les mangeurs d'hommes de Versailles et admirer le passé sans condamner le présent! » Dans une lettre qu'il écrit à l'un de ses camarades, celui qui parle ainsi lui rappelle le temps où, élèves du même collège, ils puisaient aux mêmes sources la haine des institutions de leur pays et le saint amour de la liberté, le temps où ils gémissaient sur la servitude de leur patrie et regrettaient de n'avoir pas un professeur de conjuration qui leur apprit à TaUranchir. Ce dernier enseignement peut sembler superflu, si l'on pense que cette lettre est écrite par Camille Desmoulins et adressée à Robespierre. — « Il n*y avait pas grand effort, écrit un autre '(c'est Charles Nodier), à passer des études du

1, Histoire secrète delà Révolution^ p. 11.

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