‹ La méthode scientifique de l'histoire littéraireChapitre 12 sur 135 · DÉTERMINATION DES LIMITES DUNE PÉRIODE LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

DÉTERMINATION DES LIMITES DUNE PÉRIODE LITTÉRAIRE

termes, que révolution littéraire de la France se divise en grandespériodes, qui se subdivi^ent à. leur tQHfLgILP^t:Jj^^^j^^ plus en^lus petites^

La grosse difficulté est de marquer le point précis où l'une finit, où Tautre commence. On connaît cet axiome qui, pour être exprimé en fort mauvais latin, n'en exprime pas moins une idée fort juste : Nattira non facit saltus, La nature n'avance point par bonds et saillies : elle marche pas à pas. Entre deu\ espèces animales ou végétales voisines, il y a régulièrement une frontière indécise^ une série de formes intermédiaires. On peut appliquer la môme remarque à Thistoire : l'humanité fait aussi partie de la nature. Il n'y a pas de saut brusque d'une époque à une autre ; il existe toujours une transition plus ou moins longue. Même quand éclate une de ces crises d'évolution qu'on appelle des révolutions, elle a été annoncée par des signes avant-coureurs, elle a été préparée souvent durant de longues années dans la profondeur des âmes. Le jour où elle passe dans les faits, c'est qu'elle est déjà presque entièrement accomplie dans les esprits.

Il n'est donc pas permis de s'attendre à des dates d'une précision mathématique qui mesurent, aussi nettement que des stations sur une ligne de chemin de fer, les étapes de la littérature. Cette réserve faite, il est assez aisé de découvrir, presque du premier coup d'œil, trois^randes périodes dans notrejiistoire littéraire. La première comprend tout le moyen âge et se prolonge jusque vers le milieu du xvi* siècle ; les œuvres qui la remplissent offrent ces caractères communs d'être, en immense majorité, d'inspiration feûdaleat catholique, d'appartenir à des genres nés spontanément sur le sol même de la France : la langue seule dans laquelle elles sont écrites, langue à deux cas qu'on nomme aujourd'hui le vieux français, suffirait à les séparer de celles qui les ont suivies. La secogdft pér^od^, qui va de la Renaissance jusqu'à la Restauration, au début de notre siècle, est l'époque cliissiiiue, en rendant à ce mot le sens exact qu'il devrait toujours avoir; j'entends par laque la littérature est alors tout animée de l'esprit de l'antiquité classique, qu'elle se modèle de parti pris sur les Grecs et sur les Romains, qu'elle est par suite savante et faite surtout pour une aristo-

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