‹ La méthode scientifique de l'histoire littéraireChapitre 13 sur 135 · PLAN GÉNÉRAL DE L'HISTOIRE D'UNE LHTÉRATURE · texte numérisé non relu

PLAN GÉNÉRAL DE L'HISTOIRE D'UNE LHTÉRATURE

cratie; les œuvres qui la composent ont presque toutes un caractère hybride ; elles sont semi-païennes et semi-chrétiennes ; elles sonfanclennes par la forme, les sujets, les titres, limitation voulue, remploi de la mythologie ; modernes par les idées et les sentiments qui sont coulés dans ces moules d'autrefois. Quant à la dernière période, dont nous faisons partie, nous sommes gênés par cela même pour en démêler nettement les traits. Il faut être à distance d'un grand tableau pour en saisir Tensemble. Elle est aussi trop voisine de son début pour que nous puissions savoir exactement ce qu'elle deviendra. La courbe d'un mouvement aussi complexe que celui d'une nation ne saurait se calculer, quand on n'en voit qu'une très faible portion. Nous pouvons à peine indiquer dans cette époque nouvelle, qui est à peine centenaire, des tendances à la fois démocratique^, scientifiques et cosmopolites^et nous pouvons encore moins préjuger quand elle finira.

Il est sans doute peu nécessaire de faire remarquer combien les confins qui séparent ces grandes périodes sont vagues et incertains. Entre la première et la seconde comme entre la seconde et la troisième s'étendent de vastes espaces mixtes et partant litigieux. N'y a-t-il pas entre la clarté du jour et l'obscurité de la nuit l'indécise grisaille crépusculaire? Ainsi l'on peut bien dater le commencement de notre ère classique du moment où Du Bellay et Ronsard entrent en jeunes conquérants dans la carrière littéraire. Mais Le Maire des Belges, soixante ans plus tôt, est un Ronsard anticipé. L'esprit de la Renaissance, avant de rayonner et de resplendir avec la Pléiade, perce discrètement dans Marot et s'allie étrangement dans Rabelais aux contes gras et aux copieux lazzi du moyen âge. L'âge intermédiaire n'a guère duré moins de cent ans. — De même, J.-J. Rousseau est un romantique avant le romantisme. L'école nouvelle a ses précurseurs dans Chateaubriand et M"' de Staël. L'école jujcieng^ a ses attardés dans Viemiet et quelques autres. Casimi/ Delavigne , Pierre Leljrun, Sburpet sont des^ernironaanuqiff^. Il faut aussi près d'un siècle à la transformation pour être achevée.

Malgré la confusion créée par ces lents crépuscules, il est relativement facile de distinguer les grandes périodes de notre

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