‹ La méthode scientifique de l'histoire littéraireChapitre 125 sur 135 · FORMULE GÉNÉRALE ET TABLEAU D'UNE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

FORMULE GÉNÉRALE ET TABLEAU D'UNE ÉPOQUE

lion sociale, leur pays d'origine, leur conception du monde, leur tempérament, etc., etc.? La réponse à chacun de ces points d'interrogation est comme un fil qui rattache une quantité d'œuvres, ayant toutes entre elles quelque affinité, mais pouvant être d'ailleurs fort disparates, et qui les assemble en chapelets plus ou moins considérables.

Quand on a devant soi un bon nombre de ces chapelets, on peut essayer de déterminer la formule générale de l'époque qu'on étudie.

Pour être complète, elle sera complexe* ; elle devra, en effet indiquer deux choses qu'il importe également à l'historien de savoir; elle devra d'abord classer. par .ordre d'importance les divers grouges entre lesquel s^se divisait la littérature d'alors, discerner celui qui était dominant et' ceux qui restaient en soiTs-6rdre"r dte^devra ensuite marquer le sens du mouvement qifi eiilportait, non seulement lepremi«»r, mais les autres.

D'une part, à côté des hommes qui représentent le goût moyen du moment, on est sûr de rencontrer des attardés et des précurseurs. Les uns gardent fidèlement les traditions et les habitudes de l'époque précédente; les autres préparent les idées et les formes de l'époque suivante; et comme l'art d'une nation oscille toujours entre deux pôles, idéalisme et réalisme, analyse et synthèse, pessimisme et optimisme, etc., comme sa pensée se développe par actions et réactions, il arrive souvent (|ue les attardés sont en même temps des précurseurs partiels, qu'en demeurant attachés aux conceptions d'hier ou d'avanthier ils annoncent déjà celles de demain ou d'après-demain.

D'autre part, de même que dans la marche d'un fleuve, à côté du grand courant qui entraîne la masse des eaux vers la mer, il se produit sur les bords ou dans les profondeurs des remous et des contre-courants, de même dans l'évolution d'une société, à côté de la tendance maîtresse qui est suivie par le gros des esprits, il existe aussi des tendances secondaires qui la contrarient et la limitent sans pouvoir l'arrêter. Mais la puissance relative de ces forces ne demeure pas la même ; celles-ci croissent, celles-là décroissent et un jour vient

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