‹ La méthode scientifique de l'histoire littéraireChapitre 42 sur 135 · IMPOSSIBILITÉ DE S'EN TENIR A L'ÉTUDE DE QUELQUES GRANDES ŒUVRES · texte numérisé non relu

IMPOSSIBILITÉ DE S'EN TENIR A L'ÉTUDE DE QUELQUES GRANDES ŒUVRES

Jetons un coup d'œil sur le chemin déjà parcouru. Qu*ayonsnous fait jusqu'ici? Nous avons montré comment on peut étudier des œuvres individuelles et les rattacher à des individus. Nous avons montré comment on peut étudier ces individus eux-mêmes en les rattachant à leur tour aux diverses causes qui ont pu agir sur eux et aux divers effets dont ils ont pu être la cause. Nous avons montré enfin à quels signes on peut reconnaître la supériorité d*un œuvre littéraire.

Mais est-il possible de nous en tenir là? Suffit-il de mettre côte à côte ces études particulières, de présenter dans un ordre vaguement chronologique un monceau de vérités de détail sans lien entre elles? Ou, sous prétexte que les œuvres supérieures sont les plus expressives, l'histoire de la littérature doit-elle être seulement l'histoire des grandes individualités, des génies et des talents exceptionnels qui rayonnent dans Tombre dupasse?

Nous touchons ici à Tun des problèmes les plus délicats de l'histoire. Il s'agit de savoir quel rôle y jouent les grands hommes et quelle place doit leur être accordée.

Pour rester dans le domaine de la littérature, les grands hommes sont ceux qui apportent quelque chose de neuf et d'original ; ceux qui sont vraiment créateurs de formes, de sentiments, d'idées, de types non encore réalisés ; ceux, comme dit le poète*,

Dont les pas inventeurs ouvrirent les sentiers ;

Page 1