PLACE RÉSERVÉE AUX GRANDES OEUVRES
quemment à ces fortes individualités qui dominent du haut de leur gloire le siècle où elles ont vécu. Non pas, certes, qu'il faille crier ; A bas les grands hommes I briser et renverser leurs statues. Mais, au lieu (ïeles laisser isolés, il faut les replacer dans le groupe social où ils se sont développésTînaSï,"sans les râpêirsséTTTétnrasser ta fuule auuuymu et'les écrivains moins connus qui les environnent. Chacun d'eux n*est pas un sommet géant qui se dresse, majestueux et solitaire, au milieu d'une plaine; c'est bien plutôt le point culminant d'une chaîne de montagnes.
De là, pour l'historien, une double obligation : mettre en relief ces sommets dont la base plonge aux mêmes profondeurs que celle des cimes moins hautes ; construire le massif montagneux d'où se détachent et montent en plein ciel les pics les plus élevés.
Laissons là les métaphores. Nous avons commencé par étudier les œuvres individuelles et les individus eux-mêmes ; nous avons amassé une quantité de vérités particulières. Mais il est visible, au premier coup d'œil, que, si nous trouvons, en parcourant la littérature d'une époque, des caractères qui sont strictement individuels, nous en rencontrons d'autres qui sont communs à plusieurs auteurs, à des groupes plus ou moins étendus. Nous sommes ainsi en passe d'arriver à des vérités générales, et c'est à cette étude d'ensemble qu'il nous faut travailler maintenant.