‹ La méthode scientifique de l'histoire littéraireChapitre 46 sur 135 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

§ 1. — Comment passer des faits particuliers à des vérités générales? Rien de plus simple, en apparence. « Généraliser, a dit Spencer, c'est grouper les coexistences et les séquences semJblables. » Cela revient à dire qu'il faut constater entre les choses trois sortes de rapports : rapports de coexistence et rapports de succession, qui peuvent être des rapports de cause à effet ou d'effet à cause. Instituer entre les œuvres des comparaisons multiples, en les rapprochant tantôt d'après tel de leurs caractères, tantôt d'après tel autre, est un infaillible moyen d'étendre ses connaissances. On peut, si l'on veut, mettre en regard les œuvres d'une même époque, ou d'une même province, ou d'une même école. On peut, si on l'aime mieux, étudier en quoi diffèrent et se ressemblent les phases successives d'un genre littéraire. Un jour, on cherchera des rapports d'idées ou de sentiments; le lendemain, des analogies de structure ou de style.

On établit ainsi, à des points de vue aussi divers que possible, des groupes sympathiques et l'on aboutit, pourvu qu'on procède avec toute la prudence que réclame la logique, à des constatations dont l'intérêt ne saurait échapper à personne.

Des exemples expliqueront ce que je veux dire.

A comparer ensemble les écrits, d'ailleurs si dissemblables, de Rousseau, de Buffon, de Diderot, de Thomas, on s'aperçoit

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