‹ La méthode scientifique de l'histoire littéraireChapitre 99 sur 135 · La JuBlicCy prologue, p · texte numérisé non relu

La JuBlicCy prologue, p

Dans les combats légers de Tair avec la feuilleu 11 nous fait voir un gaz attaquant du charbon. La fleur même, pour nous, depuis qu'il en recueille L*âme sous Talambic, ne sent plus aussi bon.

Ennemie dangereuse de la poésie dont elle attaque Theureuse ignorance, d'où naissent les fables merveilleuses, la science est pour elle une alliée plus dangereuse encore, quand elle s'offre traîtreusement à elle comme matière à mettre en vers. Qui dira la formidable nullité de ces poèmes didactiques qui encombrèrent le moyen âge de leur stérile abondance? Qui Ut encore pour son plaisir ces bestiaires^ volucraireSy bréviaires du monde où la naïve crédulité de nos ancêtres a entassé les contes de nourrice et les platitudes rimées? Au commencement de notre siècle, dans la pauvreté pseudo-classique du premier Empire, il pleut des poèmes du même genre : pluie d'hiver, triste, froide, monotone. De patients versificateurs chantent (cela s'appelle chanter!) la navigation, l'astronomie, la gastronomie. Ils chantent jusqu'à Talphabet et à la versification ! Et ils ne réussissent qu'à composer des œuvres bâtardes, auxquelles il manque la précision pour être scientifiques et la poésie pour être poétiques.

Ainsi, soit l'examen direct des effets produits par la science sur l'esprit, soit le souvenir des tentatives avortées d'un passé lointain ou voisin, tout semble démontrer que la science réduit sans cesse le domaine et menace même l'existence de sa rivale, et il n'est pas étonnant que certains savants, dignes pendants des littérateurs qui proclament la faillite de la science, aient gaillardement prononcé l'oraison funèbre de la poésie.

Quand on parlait à Victor Hugo de cette mort prochaine, il se mettait à rire et répondait^ : « Force gens de nos jours, volontiers agents de change et souvent notaires, disent et répètent : La poésie s'en va. — C'est à peu près comme si l'on disait : 11 n'y a plus de roses ; le printemps a rendu l'àine ; le soleil a perdu l'habitude de se lever; parcourez tous les prés de la terre, vous n'y trouverez pas un papillon ; il n'y a plus de clair de lune et le rossignol ne chante plus, le lion ne rugit plus, l'aigle ne plane plus ; les Alpes et les Pyrénées s'en sont allées; il n'y a

Page 1