AVANT-PROPOS. X1I
rite; il a été souvent complété par l'imitation des peuples modèles de l'époque..
Quand je rapproche, dans ma pensée, l'histoire des races qui se sont réformées après avoir souffert, et le tableau offert par mon pays pendant les deux derniers siècles, je constate à la fois une ressemblance et un contraste. De 1661 à 1789, nos ancêtres ont parcouru, comme toutes les races en décadence, les voies de la corruption et de l'erreur; et ils ont persisté à les suivre. D'un autre côté, depuis 1789, nos partis politiques tranchent par cette persistance avec tous les peuples souffrants, qui n'ont pu se guérir qu'en revenant aux coutumes. En France, chaque parti se contente d'affirmer un principe, qui reste stérile, parce qu'il n'est point appuyé sur la restauration préalable des faits et des coutumes sur lesquels il reposait dans le passé. Ces affirmations partielles ne sont pas seulement inutiles : elles créent de grands dangers en déchaînant la discorde. Les dix gouvernements essayés depuis quatre-vingt-dix ans ont tous échoué par beaucoup de causes, mais surtout parce que les coutumes de la race et les traditions de l'humanité ont été détruites à l'envi par les tyrannies de l'ancien régime en décadence et par les violences de la révolution.
Je ne me décourage point cependant. Je vois même l'aurore d'un meilleur avenir dans les efforts que font maintenant quelques milliers d'hommes pour propager un plan de réforme plus judicieux. Ces hommes s'entendent, pour remonter à la connaissance des coutumes nationales ou étrangères, par la méthode décrite au Livre II du