LE THEATRE DE PIRON XV
déjà il a commencé une autre pièce. Il s'agit ici de Gustave, la seule des tragédies de Piron qui ait brillé d'un certain éclat et qui se soit soutenue avec honneur dans le répertoire de la scène française durant le XVII? siècle.
Gustave fut lu aux Comédiens le samedi i5 mars 1782 ', et, malgré l'insuccès des deux premières pièces de l'auteur, celui-ci obtint, quant à l'époque à laquelle devait être représenté l'ouvrage nouveau , des avantages dont les Comédiens étaient alors singulièrement avares. La première représentation eut lieu le mardi 3 février 17 33 2. Dans sa nouveauté, la tragédie de Piron fut donnée dix-sept fois de suite, avec des recettes très-honorables. C'était, pour le temps, un succès véritable et de bon aloi. Après la clôture de 17 32-1 7 33 et à l'ouverture de l'année théâtrale suivante, les Comédiens s'empressèrent de reprendre Gustave, et sa vogue fut telle que l'écho en arriva bientôt jusque dans la province^ qui avait vu naître V auteur. Le président Bouhier, dans une lettre adressée le 14 février 1733 à l'abbé Leblanc, écrivait en effet les lignes
1. Archives de la Comédie française. — Pendant les répétitions, il s'éleva entre Piron et les Comédiens quelques petits nuages. Ceus-ci , par économie sans doute , ne voulaient pas donner à Gustave Wasa des gardes habillés à la Suédoise. Piron protesta sans relâche et finit par les avoir. « Il est ridicule, disaitil, qu'un aussi grand homme n'ait pas ses gardes, pendant que l'on n'en refuse pas au moindre petit Romain ! » [La Cour et Paris en 1732-Î3. Journal inédit. Revue rétrosp., IP série, tome V, page 173.)
2. Avec la petite comédie du F/orenf in. Recette : 3,928 livres. (Archives de la Comédie française.)