‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 27 sur 127 · LE THEATRE DE PIRON XXV · texte numérisé non relu

LE THEATRE DE PIRON XXV

haine V égare. Ainsi, cette ode, aux conséquences de laquelle le coupable ne s'était soustrait qu'avec l'aide du président Bouhier, lui avait mérité la faveur du roi! Loin de punir l'auteur d'un écrit licencieux, Louis XV, pour l'encourager sans doute dans cette voie spéciale, lui avait octroyé, sur sa cassette, une pension augmentée chaque jour, s'il faut s'en rapporter à la bonne foi habituelle de Voltaire! Pourquoi ne pas dire la vérité? Pourquoi ne pas écrire tout simplement qu'en 17 53 l'ode malencontreuse, et dont le souvenir venait d'être évoqué à propos, avait fait échouer Piron, pour ainsi dire aux portes de l'Académie ■; qu'en cette circonstance Louis XV, qui ne donna jamais aux siens le spectacle édifiant de toutes les pudeurs, s'était opposé cependant à ^élection du poète, mais que, pour laisser à l'auteur de la MÉTRO MANIE un gage royal de son estime, il lui avait réservé spontanément une somme annuelle de mille livres? Ses succès passés ne lui donnaient-ils pas droit, aussi bien que d'autres, à la protection du prince ? De tels scrupules vont mal à l'auteur de la Pucelle.

La réputation du chef-d'ceuvre de Piron es.t à cette heure glorieusement consacrée , et s'il est, entre toutes, une comédie qui se soutienne aussi bien à la lecture qu,'à la scène, c'est assurément celle de la Métromanie. N'est-ce pas donner la meilleure des raisons pour justifier, s'il en était besoin, cette réimpression?

Si nous tentons à présent de faire l'historique de la comédie de Piron, nous n'aurons pas, — circonstance

I . Clément, dans une de ses lettres, en date du i o avril 1 748 avait prédit cette mésaventure à Piron.

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