‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 5 sur 127 · VI LE THEATRE DE PIRON · texte numérisé non relu

VI LE THEATRE DE PIRON

Piron est dans ce cas. Il ne faut le connaître qu'à la surface et ne pas chercher à soulever tous les voiles.

Dans la préface qu'il écrivit en i ySS pour son chefd'œuvre sans cesse remanié, et, par ses corrections multiples, insensiblement amené au dernier degré de la perfection., le poète nous raconte son enfance et les années de sa jeunesse passées dans le gai pays bourguignon. Le milieu dans lequel l'homme prend son vol vers la vie influe le plus souvent sur son être ou sur son tempérament. Piron n'a pas échappé à cette règle presque générale. Né au pied des vignes qui produisent le vin généreux et vermeil, il avait dans les veines un sang pareil au jus des raisins de son pays natal, un sang vif et chaud, avec un esprit capiteux dont il se grisa lui-même plus d'une fois.

Dans le document qui accompagne le texte de 1758, Piron nous initie encore aux misères et aux privations qu'il dut supporter à peine débarqué à Paris, aux divers métiers qu'il embrassa tour à tour sans succès, mais, à vrai dire, avec la même répugnance. Il évoque le souvenir des bienfaiteurs qui sont venus à son aide dans les heures difficiles et celui des bienfaits qu'il a acceptés d'eux. Ce n'est pas là, il faut l'avouer, le côté le plus beau de son existence. Pareil en cela à presque tous les autres hommes de lettres du XVIW siècle, il accepta maintes fois des services qui avaient trop l'air de charités. En fait de dignité, Piron, qui ne tenait pas apparemment à se singulariser, imita ses confrères et n'eut jamais que les opinions de son temps. La pauvreté triomphe des amours -propres les plus solides et fait paraître naturels d'étranges accommodements. C'est

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