‹ La métromanie; comédie en cinq actes. Précédée d'une noticeChapitre 6 sur 127 · LE THEATRE DE PIRON VII · texte numérisé non relu

LE THEATRE DE PIRON VII

une mauvaise conseillère qui finit trop souvent par se faire écouter.

Cependant cette facilité à demander aux autres le bien-être ou l'apaisement des besoins et des nécessités de la vie ne doit pas faire prendre Piron pour un épicurien méprisable , ou, ce qui est pis encore j pour un égoïste. Il ne garda jamais entièrement pour lui le fruit de ses faciles complaisances, et, avec une pieuse générosité, avec le plus touchant respect filial, il ne cessa d'étendre sur tous les siens le bienfait de l'aisance qu'il tenait de ses nombreux protecteurs. C'était plus encore pour les autres que pour lui qu'il demandait. La joie de les obliger, l'idée d'adoucir leurs souffrances ' , l'aidaient à surmonter les répugnances et le dégoût des obsessions. S'il est vrai que la bonté ne s'allie que bien rarement à l'esprit, on voit que chez Piron l'esprit était loin d'avoir usé toutes les fibres du cœur.

Indépendamment des ressources qu'il devait a la protection libérale d'illustres personnages de son temps, Piron, grâce au théâtre, qui fut le plus constant de ses goûts littéraires, sut encore conquérir une base d'existence suffisamment large. Il trouva maintes fois, dans le produit heureux de ses ouvrages , une compensation précieuse aux déboires et aux misères, qui ne lui firçnt pas défaut jusqu'à l'heure du succès.

I . Notice sur Piron, par E. Fournier, pages Ixxv et suivantes.

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