VIII LE THEATRE DE PIRON
Ce Piron sans cesse besoigneux, et dont la vie, depuis son arrivée à Paris ^, s'était passée à demander et à recevoir des bons offices, put enfin, avec la joie de son premier succès au théâtre, goûter le plaisir de rendre service à quelqu'un. Cet événement remonte à 1722. Jusqu'à cette époque, et durant les trois années pendant lesquelles il avait végété dans la plus misérable des situations, rien n'avait fait pressentir l'auteur du chef-d'auvre qui a porté son nom jusqu'à nous. De côté et d'autre, pour se faire ouvrir la bourse quelquefois difficile à délier de ses maîtres ^, il avait semé des vers sans prétention comme sans valeur qui ne lui avaient pas rapporté plus de gloire que de profit. Après avoir frappé à la porte des entrepreneurs des spectacles forains , il s'était vu éconduit durement, et n'avait pas mieux réussi quand il avait apporté l'offre de sa collaboration, ses plans et ses scénarios, à Fuselier, Le Sage et Dorneval, fournisseurs habituels des titulaires des baraques de la foire.
L'un de ces derniers, nommé Francisque , qui avait-