COMTE ET CITE
Superficie. — Population. - Gouvernement et administration. — Conseil Général : ses pouvoirs et ses attributions. — Travaux jrablics. — Le lord-maire.
La ville de Londres couvre une superficie de 441,559 acres, ou 688 midiles carrés, et sa population totale était, en 1901, de 6,581,372 âmes. C'est là le nombre d'habitants régis par son conseil central. Il y a eu annexion générale de tous les f abourgs. Pour les fins de législation, cette immense agglomération porte le nom de Comté de Londres.
La Cité de Londres elle-même» qui fut l'embryon de cette grande ville, n'est qu'une circonscription électorale du comté. En vertu d'une vieille tradition, elle est restée municipalité distincte, ayant son propre conseil dont le chef est le lord-maire de Londres. Sa
superficie n'est que de 668 acres. Elle diminue continuellement en population. En 1881, elle comptait 50,569 âmes; en 1891, 37,702; et en 1901, 26,923 ; c'est-à-dire que les londonniens résident de moins en moins dans leur ville, et qu'ils la laissent pendant la nuit aux seuls gardiens des habitations et des grands bureaux. La population diurne est d'un million, et les résidents tenant feu et lieu n'atteignent pas 30,000 âmes.
La population des autres circonscriptions ou boroughs pour les fins de la représentation est très variée, puisqu'on en voit quelques-unes de 16,000 âmes, et d'autres de 330,000.
Jusqu'en 1855, c'est à peine si l'on pouvait dire que Londres possédait un gouvernement local. Il était administré à la grâce de Dieu par diverses corporations ou vestries, qui ne furent complètement abolies qu'en 1888, après bien des tentatives, entreprises par les hommes les plus remarquables de la métropole.
Sur une distance de plusieurs milles, en «dehors de la cité, il y avait une zone peuplée très densément et gouvernée, comme les districts ruraux, par les habitants de la paroisse réunis en "vestry". Cette assemblée, qui délibérait soit publiquement, soit à huisclos, n'avait pas les pouvoirs administratifs communs aux villes d'aujourd'hui. Pour répondre aux besoins de localités particulières, des commissaires ou trustées, des syndics ayant ces pouvoirs, étaient nommés de temps à autre en vertu d'actes locaux.
En 1855, il n'y avait pas moins de 250 de ces actes, dont l'exécution était confiée à 300 corps différents exerçant leur autorité sur 10,488 fonctionnaires et employés. Ceux-ci se nommaient eux-mêmes ou étaient élus pour la vie. En aucune façon, ils n'étaient responsables aux contribuables.
Il y avait de plus deux corps ayant juri-
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diction sur toute la métropole, excepté sur la Cité : les officiers nommés par l'acte dit " Metropolitan Building, 1844 ", et le " Metropolitan Commissioners of Sewers, 1848."
En 1855, par la loi intitulée " Metropolis Management Act," un conseil élu par les contribuables fut établi pour chaque paroisse en dehors de la Cité. Ce furent là les autorités locales pour 22 des plus grandes paroisses. Les 56 autres furent groupées en 15 districts, chacun ayant son bureau élu par les vestries constituants.
Une direction centrale appelée le Bureau Métropolitain des Travaux, ayant juridiction sur toute la métropole, y compris la Cité, fut aussi constituée et ses membres furent élus par le Conseil Général de celle-ci.
La révolution opérée dans le gouvernement de Londres depuis 1889 a été aussi radicale qu'on peut l'imaginer. A la session de 1888, le parlement constitue le Conseil de la Cité de Londres en vertu de la loi dite " Local Giovernement Act." La superficie de la métropole fut alors déterminée. Elle comprend toutes les circonscriptions parlementaires de Londres, qui élisent les
membres du Conseil. La Cité n'est pas affectée par cette loi, si ce n'est que ses shérifs n'ont plus juridiction que dans ses limites et que droit de nommer certains officiers judiciaires est transféré à la Couronne.
Le Conseil se compose de 118 conseillers, 19 échevins et 1 président qui n'est pas nécessairement l'un des membres nommés. Les échevins sont choisis pour 6 ans, et 10 ou 9 se retirent tous les 3 ans ; les conseillers sont élus pour 3 ans par les contribuables, et ils nomment les échevins. Les attributions de tous ces représentants sont les mêmes.
Les pouvoirs du Conseil s'étendent sur les sujets suivants: lo. les revenus et les emprunts, la sanction des emprunts requis par les municipalités des boroughs métropolitains ; les grands égouts et les eaux souterraines ; le corps des pompiers ; les parcs et les places publiques ; les travaux de protection préventive contre les inondations de la Tamise; les ponts, tunnels et traverses de la Tamise; les améliorations des rues; le contrôle de la largeur des nouvelles rues, l'alignement de la construction, les noms et
le numérotage des rues ; l'inspection des édifices et les inpections de district; les constructions dangereuses; la construction des théâtres et des salles de concert ; les habitation, des artisans; les maladies des bestiaux; les substances explosives et l'emmagasinage du pétrole; la protection de la vie des enfants; les tramways, etc.; le gaz, le pointage des gazomqètres et des éleotromètres. 2o. l'octroi des licences pour les arts de la musique et de la danse; l'établissement des asiles pour les aliénés pauvres, des maisons de réforme et des orphelinats; l'inspection des poids et mesures ; les édifices des comtés ; les coroners, et autres matières de minime importance. 3o. l'octroi des licences pour les maisons destinées aux pièces de théâtre -qui sortent de la juridiction du lord Chamberlain ; les licences des abattoirs, de» étables pour les vaches ; l'inspection des habitations ordinaires. 4o. le cens électoral; l'hygiène publique ; les constructions historiques et les monuments; l'inspection des manufactures en vue des appareils de sauvetage; la suppression des nuisances; les fils et les con-
duits élçvés ; l'exécution des lois concernant les boutiques, les heures de travail, rengagement des enfants et celui des sage-femmes ; les maisons de réclusion pour les alcooliques ; l'enregistrement des automobiles et le service de traverse sur la Tamise.
D'après une loi de 1903, le Conseil exerce une autorité suprême sur tout ce qui concerne l'instruction publique. En sa qualité de principale assemblée représentative de Londres, il s'intéresse à tout ce qui peut affecter le bien-être des contribuables et envoie des délégués à tous les corps importants de la ville.
11 se réunit une fois par semaine et reçoit les rapports de ses nombreuses commissions. C'est lui surtout qui s'occupe de prélever les fonds pour le gouvernement de la métropole entière ; mais il ne peut faire aucune dépense excédant £50 sans l'avoir soumise à la commission des finances.
La dette brute de Londres se chiffre à £71,587,175, avec un fonds d'amortissement de £27,000,000. Les dépenses annuelles, y compris les prêts faits à différents corps
publics, sont de £16,000,000 dont £5,000,000 vont à l'instruction publique.
Le Conseil puise ses revenus à deux
sources : l'émission des débentures de la ville de Londres et le produit des impôts ou taux des taxes ordinaires de comté. Certaines contributions, telles que les octrois de l'instruction publique, proviennent de l'Echiquier impérial.
Le Bureau Métropolitain des Travaux est chargé de la construction et de l'entretien des égouts principaux, de la surintendance des organisations locales — ves tries — qui constituent l'autorité centrale pour l'exécution des lois de la construction. Ces vestries ou conseils de paroisses et les bureaux de district sont chargés des services de l'eau, à part les conduits principaux, du pavage, de l'éclairage, de la réparation et de l'entretien des rues et grands chemins et des vidanges.
La commission des asiles jouit de grands pouvoirs statutaires et dirige plusieurs ins-
titillions, telles que Horwell, Colvey, Hatch, Barstead, Cave-hill, Clagbourg, Bexby et Horton, où l'on a établi une colonie expérimentale de 300 ouvriers épileptiques.
Environ 17000 aliénés occupent actuellement ces diverses institutions.
Entre 1855 et 1888, beaucoup de pouvoirs additionnels et de charges furent confiés au Bureau Métropolitain des Travaux, aux Conseils de paroisses et aux Bureaux de District. La constitution de ces bureaux fut soumise à beaucoup de critiques, parce que le mode d'élection était indirect dans le cas de ceux de leurs membres qui étaient élus par les bureaux de districts et que le cens de leurs responsabilités se trouvait ainsi atténué. Quelques-uns de leurs actes prêtèrent à de tels soupçons qu'une Commission Royale fut nommée pour s'enquérir de certaines matières relatives à la conduite du Board.
Le lord-maire n'est pas le chef du Conseil du Comté de Londres. Il est le premier ma-
gistrat de la Cité de Londres. Celle-ci est restée un comté, dans une ville gouvernée par une corporation irrégulière.
Le lord-maire est élu tous les ans par les membres des guilds ou compagnies, connus sous le nom de "liverymen" au nombre d'environ 7,000. Il administre la Cité proprement dite de concert avec 25 échevins,. 4 shérifs, et 232 conseillers. Son traitement de £10,000 suffit rarement à défrayer les dépenses inhérentes à sa haute position.
Chacun des autres districts de la Métropole se gouverne à sa façon et tous envoient des représentants au Conseil du Comté de Londres.
Quant à l'administration de la justice par les cours des sessions de la paix, elle est indépendante, mais s'il arrive que ses intérêts se mêlent à ceux du Conseil, la chose est soumise à un Comité conjoint connu sous le nom de " The Standing Joint Committee ' comprenant des représentants du Conseil et des " London Quarter Sessions."
On voit, par ce qui précède, que Londres ne peut servir de modèle pour Montréal. Il ressemble plutôt à nos conseils de comtés présidés par leurs préfets. C'est une corporation municipale trop irrégulière. Mais elle nous donne une idée de ce que Ton peut atteindre par l'annexion de tous les bourgs avoisinant une grande ville.