DESCRIPTION GENERALE
Superficie : Distances. — Banlieues de Montréal, villes et campagnes. — Chemin de fer. — Tramways. — Routes vicinales. — Comtés. « — Montréal, coeur et tête de l'Ile. — Association d'intérêts. — Population.
L'Ile de Montréal, de forme irrégulière, pourrait être divisée en deux parties, d'éten* due à peu près égale, l'une allant de l'ouest à l'est et l'autre du sud au nord.
Elle est d'une superficie de 146,206 arpents (123,523 acres), détendant de Ste- Anne de Bellevue, extrémité sud-ouest, au Bout de l'Ile, son extrémité nord est.
Vue d'ensemble elle présente assez la forme du pied et de l'avant jambe de l'homme ; celle ci penchée légèrement du côté du sol va du sud au nord à peu près direct, et la plante du pied va de l'est à l'ouest où 1er
talon, fortement accentué s'enfonce dans la décharge du lac Saint-Louis, dans ce large bassin du Saint-Laurent qui s'épand en eau morte, toujours prête à déborder, en face des côtes basses de Laprairie.
Une couple d'accidents de terrain, à l'extrémité occidentale de l'Ile, donnent naissance au cap St-Jacques et à une langue de terre assez spacieuse qui enserrent la paroisse de Ste-Geneviève, formant comme des barrages de protection de la côte sud de l'Ile Bizard.
En tirant une ligne droite qui courrait du nord ou sud, inclinant un tout petit peu vers l'ouest, on mesurerait du Bout de l'Ile, l'endroit situé le plus au sud de l'Ile, une distance de 21 milles et de ce point à Sauvéville la langue de terre qui s'avance le plus dans le lac des Deux-Montagnes, on mesurerait 17y2 milles. Un chemin qui traverserait dans sa plus grande longueur et en serait l'axe de partage dans les deux directions donnerait un parcours de trente milles tout près. De la gare Windsor à Ste-Anne la ligne du Pacifique mesure 21 milles, celle
du Grand Nord, à sa station de la Pointeaux-Trembles, mesure 7y2; de Montréal à Bordeaux, sur la rivière des Prairies, on compte dix milles. Mais il faut remarquer que la ligne du Pacifique dévie sensiblement vers Test à partir du Mile-End pour décrire une longue courbe à son entrée à Montréal. En ligne droite du Sault au port de Montréal il y a environ 8% milles.
L'Ile de Montréal renferme, se dégageant au plan d'avant scène, la Cité de Montréal, métropole du Canada, avec environ 400,000 habitants, et tout autant en banlieue qu'elle absorbera comme elle a fait d'Hochelaga, Saint-Jean-Baptiste, St-Henri. Ont surgi par enchantement les nouveaux faubourgs qui sont maintenant des villes populeusesâ Maisonneuve, Villerai, Saint-Louis, Outremont, les deux Côtes des Neiges, Westmount, Notre Dame de Grâces, Montréal West, St-Paul, Emardville et Verdun, pendant que sur les rives du fleuve, des lacs St-Louis et des Deux- Montagnes et de la rivière des Prairies. Lachine a pris un essor considérable, et de
nombreux villages échelonnés le long de ces énormes nappes d'eau, ou semés en une campagne malheureusement trop souvent dénudée et d'apparence déserte quoique des mieux cultivées, ont été créés depuis une dizaine d'années pour recevoir la migration estivale de la Cité, qui se fait chaque année de plus en plus envahissante. Citons : Highlander, près le pont de Caughnawaga, puis plus haut que Lachine, Dixie, Dorval, Strathmore, Valois et Lakeside sur la baie de Valois, Pointe-Claire. Beaconsfield, Beaurepaire, Baie d'Urfe, Ste-Anne de Bellevue, Senneville qui comptent déjà de superbes villas occupées l'été par des citoyens à l'aise de la métropole; sur la rive nord, nous remarquons Ste-Geneviève et l'Ile Bizard, auxquelles on peut, sans être prophète, prédire de belles destinées. Entre ces deux points et Cartierville s'étend une des plus belles et des plus riches campagnes de l'Ile où nous trouverons des forêts qui se prêteraient le mieux du monde aux grands embellissements, limitrophes qu'elles sont de la rivière des Prairies, qui vaut bien, qu'on
veuille nous en croire, par la limpidité de ses eaux, la fraîcheur de ses rives, le pittoresque de ses ilôts, la fissure retrécie que forme le fleuve de la Seine.
Puis toujours en suivant le contour de l'Ile, nous avons Bordeaux, Ahuntsic, le Sault-au-Eecollet, et ici, également, allant jusqu'à l'intersection du chemin de la Kivière des Prairies, nous traversons de grands bois qui offrent tous les éléments de la belle nature au travail de l'ornementation paysagiste.
Le Bout de l'Ile, la Pointe-aux-Trembles, la Longue Pointe sont encore des endroit^ charmants sans compter les grandes Iles Ste-Thérèse, de Grosbois, de la Commune, Molson, Charron qui forment autant de point d'attraction où les habitants de Montréal, trouveraient les plaisirs, le repos et la santé, comme dans le Parc, déjà trop étroit de l'Ile Ste-Hélène et du Mont-Koyal, assez difficile d'accès pour les classes ouvrières résidant dans l'est de la Cité.
Les grandes lignes de chemin de fer à vapeur le Grand-Tronc, le Pacifique Canadien, le Grand-Nord font un service de banlieue très rapide et déjà très satisfaisant de Montréal à tous les séjours d'été de l'ouest- Montréalais, le Pacifique et le Grand-Tronc courant parrallèlement et parfois à quelque cent pieds de distance l'un de l'autre de Montréal jusqu'à Ste-Anne. Le Pacifique fait seul le service urbain de la partie de l'Ile et des campagnes du nord jusqu'à Ste- Agathe. Le Grand-Nord relie la Cité et l'est de l'Ile à Joliette.
La compagnie de tramways de Montréal ayant absorbé les compagnies du Parc et de l'Ile et la Terminale, possède le monopole du service des tramwaj^s dans tout Montréal et celui de la campagne à travers Montreal- Annex, Outremont, la Côte des Neiges, Saint Laurent jusqu'à Cartierville, et Lachine à l'ouest; pendant qu'à l'est les tramways électriques s'arrêtent à la Longue-Pointe.
11 n'existe pas de ligne de ceinture, ni petite, ni grande comme dans le département de la Seine et tout autour de Paris.
On peut cependant faire en voiture ou en automobile tout le tour de l'Ile par des chemins passables, même très bons en certains endroits, et ce doit être là une des plus char: mantes promenades qui existent au Canada. Avec des routes comme celles de France, tout ce pays offrirait un champ de premier ordre aux amateurs du turf, puisque le chemin longe l^eau presque tout le temps et suit les sinuosités infinies des rivières, des lacs et du fleuve qui entourent l'Ile de Montréal.
Plusieurs chemins vicinaux relient les deux rives de l'Ile, en ligne directe du nord ou sud comme le chemin St-Charles entre Ste -Geneviève et Beaconsfield, St-Rémi entre Ste-Geneviève et la Pointe- Cl aire, les chemins de la Bord à Plouf fe à la Cité par la Côte des Neiges et Outremont, le chemin dit de Back-Biver, ou du Sault au Mile-End, le chemin d'intersection de la Côte St-Mîchel qui part du village du Saut — ou l'église — et croise la Petite-Côte en arrière des Usines
Angus; enfin le chemin de la rivière des Prairies qui fait correspondance avec le chemin de la Pointe-aux-Trembles, Traversant l'Ile dans sa longueur depuis les bois de Dorval, le grand chemin de Liesse va se souder au chemin de la Petite-Côte de St- Léonard, qui prend fin en arrière de la Poinie-aux-Trembles après avoir fait jonction avec le chemin de la Eivière des Prairies.
Outre les circonscriptions de la Cité de Montréal, File renferme les comtés ruraux de Jacques-Cartier , moins l'Ile . Bizard, d'Hochelaga partie de Laval et Maisonneuve, qui comptent plusieurs villes déjà importantes que régissent des chartes spéciales, et nombre de villages et paroisses placés sous l'autorité du Code Municipal de la Province de Québec.
Les villes jouissent d'un régime absolument autonome et n'ont rien à voir aux affaires d'ordre général du comté rural. Toutes les autres municipalités de droit commun subissent au contraire la loi du Conseil de Comté pour la répartition du coût des travaux de comté qui se réduisent, qui
ne sont guère que des travaux de voirie et de petits cours d'eau communs à deux paroisses, Communes, ou plus.
Montréal, il va sans dire, est le foyer d'attraction de toute File de Montréal, le coeur, la tête présidant à la vie publique de toutes les entités municipales, qui en sont comme les satellites, fidèles à le suivre dans toutes ses évolutions. Son marché est le marché des produits agricoles, de la finance des grandes compagnies, établies dans la campagne, des institutions locales, des particuliers. C'est le siège de la justice civile et criminelle, l'Archevêque catholique y réside ainsi que plusieurs évêques de rite protestant et autres. Nous y voyons encore les maisons d'éducation les plus considérables du Canada, les grands établissements de charité, le terminus des chemins de fer transcontinentaux, des lignes de navigation, les banques, les assurances, les chambres de commerce, etc. Les intérêts les plus variés viennent de partout y prendre contact
et grossir cette agglomération vivante d'hommes et d'affaires qui se sentent, chaque jour davantage, de plus en plus à l'étroit et ne cherchent — d'ailleurs bien forcément — qu'à déverser leur surplus débordant sur les banlieues environnantes, et même à prendre pied dans des campagnes, que l'on n'aurait jamais penser devoir être autre chose que des champs de culture ou des sites douteux de modestes villages.
Voilà comment l'Ile de Montréal sera intimement associée à la vie de la Cité de Mont: réal, comment son bon gouvernement, ses progrès, sa fortune devront influencer sur la vie, le progrès, la fortune des coins les plus retirés de ses campagnes. Voilà comment 500,000 habitants sont, nous l'avons déjà dit, intéressés au projet de Montréal- Agrandi, englobant dans un tout harmonieux, l'administration efficace des grands services d'ordre général, tout en laissant celle des services locaux à l'autorité des pouvoirs municipaux tels que constitués,.