SCENE X
LANSPESSA, SAMMY, puis LA MARQUISE
SAMMY, annonçant.
quise de Lanspessa.
M""^ la mar- II sort.
LANSPESSA. — Maman!... (Il lui baise la main.) Comme vous êtes belle!...
LA MARQUISE. — Oh ! tu as le temps d'admirer ma robe : je n'en aurai pas d'autre de tout l'été.
LANSPESSA. — Quel âge avez-vous?
LA MARQUISE. Curicux!...
LANSPESSA. Vous lappclcz-VOUS
quand j'avais quinze ans, que nous sortions ensemble, et qu'on disait de nous : « On les prendrait pour les deux sœurs. »
LA MARQUISE. — Plus tard on a dit autre chose, et je n'ai plus osé sortir avec toi.
LANSPESSA. — Nous recommencerons quand on vous prendra pour ma fille.
LA MARQUISE. — De la galanterie?
Pour moi?
LANSPESSA. — Pour qui, sinon pour vous? Les hommes de ce temps-ci et de
mon âge ne sont-ils pas incapables de galanterie, sinon pour leurs mères? Créatures exquises et frivoles, toujours jeunes, imperturbables dans vos trente ans qui ne mirent point — tout ce qu'on veut excepté des mères, vous êtes peut-être les seules femmes qui nous inspirent un sentiment assez tendre et assez irrespectueux ')our mériter le nom d'amour.
LA MARQUISE, V emhrassant . - — Et moi, orois-tu que je ne sois pas aussi amoureuse de mon fils?
LANSPESSA. — Alors, obéissez-lui : donnez-moi un rendez-vous pour demain, ailleurs, et ne restez pas ici une minute de plus.
LA MARQUISE. — J'y ferais de mauvaises rencontres ?
SAMMY, annonçant. — M. le marquis de Lanspessa.
LANSPESSA. — Là!