SCÈNE VU
Les Mêmes, SERMIONE
Sermiorie entr'ou\Te une des portes- fenêtres du moulin et guette la sortie des personnages en scène. Ils vont par groupes vers le lond, mais Catherine reste où elle est. Elle aperçoit Sermione.
CATHERINE. — Qu'est-ce que vous regardez là?
SERMIONE. — J'aime mieux vous le dire : je regardais si vous filiez avec les autres.
CATHERINE. — Je gêne quelqu'un ?
SERMIONE. — Vous faites le désespoir d'un petit lot de nos plus charmantes tendresses, à qui on avait promis que le mouhn leur serait réservé.
CATHERINE, riant. — Ma belle-sœur et sa cour? Je cède la place.
Elle va pour partir, il la rappelle d'un geste.
SERMIONE. — Très utile!... Touchez donc un mot à votre frère. Le nommé Victor... c'est un escroc.
CATHERINE. — Tiens?
SERMIONE. — La fameuse invention...
Brevetée ici-bas, partout, depuis dix ans.
CATHERINE. — Mais alors... comment at-il pu prendre de nouveaux brevets?
SERMIONE. — Rien de plus facile : il n'y a aucun contrôle.
CATHERINE. — Mais pourquoi en prendre, puisqu'il ne pourrait pas les exploiter?
SERMIONE. — Pour les vendre. La preuve, c'est qu'il les a vendus... Ce petit commerce n'est pas très rare. On jugeait encore, la semaine dernière, en correctionnelle, une affaire de ce genre-là. Le monsieur a écooé. Deux ans de prison.
CATHERINE. — Je VOUS remercie.
J'avertirai mon frère.
SERMIONE. — Et Lanspessa.
CATHERINE. — Lanspessa?
SERMIONE. — Il a été mis dedans aussi, puisqu'il a servi d'intermédiaire.
CATHERINE. — Ah!...
Un temps.
SERMIONE. — Il est urgent que Lans- ])essa dégage sa responsabilité. Vous savez que les tribunaux traitent l'intermédiaire en complice. Deux à cinq ans...
CATHERINE. DeUX...
SERMIONE, riant. — D'ailleurs, il est peu vraisemblable que, dans ces conditions, Rennequin s'avise de déposer une plainte.
CATHERINE. — En effet... (Ser//iione rentre dans le moulin.) Deux à cinq ans...