‹ La meuteChapitre 4 sur 115 · SAMMY, M°^« LAVEUVE · texte numérisé non relu

SAMMY, M°^« LAVEUVE

6AMMY. — Vous connaissez donc cet huissier ?

M™^ LAVEUVE. — Moi ? Je suis en rapport avec tous les huissiers de Paris.

SAMMY, avec admiratio7i. — Quelle femme ! Vous faites tous les métiers !

M™° LAVEUVE. — Je fais les mains. Seulement, pendant que je les fais, je cause. Et tout ce qu'on peut emmancher d'affaires, l'espace... de dix doigts, c'est fabuleux. Oii est-on aujourd'hui?

SAMMY. — Buffalo. On s'entraîne.

M™* LAVEUVE. — Toute la bande?

SAMMY. — Non !

M™" LAVEUVE. Quoi?

SAMMY. — M. le comte!... Disparu.

Manque aux appels.

M"'*' LAVEUVE, — Je sais.

SAMMY. — M. le comte a laissé toute la journée M. Rennequin sans protection ni surveillance à la discrétion de ses petits amis !

M'"'* LAVEUVE. — Ils Ont dû le taper, de deux à cinq !

SAMMY. — A votre idée ! Ils se seront rattrapés, en trois heures, des autres jours où on n'ari'ive à la caisse de M. Rennequin qu'en passant sur le corps de M. le comte... C'est égal. J'ai un profond respect pour M. de Lanspessa, un homme si bien fait! Mais si j'avais l'honneur de m 'appeler comme lui, d'être le premier né

d'un marquis et le petit-fils d'un grand d'Espagne transplanté, je ne servirais pas de maître des cérémonies, d'intendant, à un monsieur Claude Rennequin, qui n'est que le fils d'un maçon enrichi par un coup de bourse,

m""* laveuve, dédaigneusevient. — • Qu'en dit-on, à l'office?

SAMMY, — Qu'il n'y a pas une pauvre petite maiison bourgeoise où l'on ne fasse

SAMMY. — Excusez!... Possible.

sa pelote plus aisément qu'ici. M. de Lanspessa veille à tout, voit les comptes, personne ne peut voler !

M""^ LAVEUVE. — Il centralise... Sermione est au vélodrome?

SAMMY. — Naturellement ! Dès que M. de Lanspessa se néglige, M. de Sermione, qui guette, travaille à hii souffler le patron. Pouah! que c'est vilain ! Au moins, M. de Lanspessa est bien assis, il attaque franchement, il a de la fente. Au lieu que M. de Sermione n'use que des gardes basses. Il n'essaie que de lier le fer à M. Rennequin. Il est l'amant de cœur de M'"" Chevance!

M™^ LAVEUVE. — Comme Lanspessa est l'amant de M™^ de Meyrieux. Ils se copient. L'un a pris la maîtresse, l'autre, la sœur.

SAMMY — La sœur, c'est plus distingué.

M'"^ LAVEUVE. — OÙ Catherine voitelle Lanspessa? Toujours ici?... Parle, je

ne t'ai fait donner la place que pour être renseignée par toi.

SAMMY. — Ici, tous les soirs, quand les autres sont dehors.

m""® LAVEUVE. — Pas de refroidissement, cette semaine ?

SAMMY. — ■ Non. Quotidien.

M™® LAVEUVE. — J'ai fait faux bond, hier. . .

SAMMY. — On a assez crié !

M™* LAVEUVE. — Y avait-il des nouveaux venus? Un petit imbécile, assez joli garçon, le duc de Châteauroux?

SAMMY. — Excusez!... Possible. Il y avait deux ou trois figures nouvelles. Je ne sais pas les noms. Duc de Châteauroux? Ça doit être celui qui est ondulé.

Le marquis paraît au fond.

M™® LAVEUVE, à Sammy. — Va-t'en, et rapporte de l'eau.

Il sort par la gauche. Le marquis entre.

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