‹ La meuteChapitre 5 sur 115 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

M-^ LAVEUVE, LE MARQUIS en bicycliste, puis SAMMY

LE MARQUIS. Mon fils ?

M"^^ LAVEUVE. — Ne vous tourmentez pas, mons/ieur le marquis : je sais où il est. On vous rendra compte plus tard.

LE MARQUIS. — • Mais j'ai absolument besoin de lui parler! C'étadt bien la peine de me mettre en nage ! J'ai semé Rennequin et la bande à la Cascade.

m"**^ LAVEUVE. — M. de Lansjjessa sera de retour ici à peu près à la même heure que les autres.

LE MARQUIS. — Il faut que je le voie seul, avant six heures.

m"*^ -LAVEUVE. — Vous n'avez guère

de chance. En revanche, M. le comte

m'accordera sans doute dici là la faveur

d'un tête-à-tête : confiez-moi vos inté-

• rets.

LE MARQUIS. — J'aurai déjà bien assez de mal à m'expliquer en personne. Mais vous pouvez me préparer les voies, et surtout me fournir des tuyaux. {Libi prenant la main.) Ma bonne Laveuve, vous qui

lO

savez tout, où en est mon fils avec Eennequin?

M™® LAVEUVE. — Comment, où il en est?

LE MARQTjis. — Lui doit-il beaucoup d'argent ?

M™' LAVEUVE. — Pas un sou.

LE MARQUIS. — Tu blagues ?

M™® LAVEUVE. — Pas un sou. C'est un système.

LE MARQUIS. — Alors de quoi vit-il?

M™® LAVEUVE. — Apparemment de la pension que vous lui faites.

LE MARQUIS. — Espèce ! Mon propre père ne me fait pas de pension à moi.

M™^ LAVEUVE. — Aussi, pourquoi avezvous encore votre père, à votre âge? Ça ne se doit pas.

LE MARQUIS. — Mais s'il n'a jamais demandé à Rennequin le moindre service d'argent, il est en excellente posture...

M™* LAVEUVE. — Heureusement ! M. le coirte est poursuivi, sasi, menacé d'une plainte, pour une misérable créance de vingt-cinq mille francs.

LE MARQUIS. — Sacrée coïncidence!

iv'"® LAVEUVE. — Vous av'iez besoin d'xm petit quelque chose pour vous?

LE MARQUIS. Oui.

M™® LAVEUVE. — Combien? (Rimit.) Dites sans rougir. Vous avez l'air à confesse.

LE MARQUIS, bas. — Deux cents.

m"° LAVEUVE. — Dix louis?

LE MARQUIS. — Dix mille. (Elle rit.) Vous riez?

M""^ LAVEUVE. — Il y a de quoi. (Sévèrement.) Vous venez de vous faire ratisser à la bourse, vous. C'est bien fait. On a beau vous donner des conseils ! Vous ne voulez pas croire que je suis la femme la mieux renseignée de Paris. Quand je pense que, poui être utile à mes clients du faubourg, je me résigne à soigner des mains de finances !

LE MARQUIS. — Il ne s'agit pas...

M™^ LAVEUVE. — Où ai-je la tête? Vous avez perdu quatre-vingt-seize mille francs au club, l'autre nuit. Je le savais. Vous ne voulez pas être affiché. Mais, carottier, quatre-vingt-seize mille francs ne font pas dix mille louis. Pour qui l'appoint ?

LE MARQUIS. Pour...

SAMMY, rentrant. (Il porte un bol fie in

d'eau.) — Pst ! Monsieur le marquis, madame Laveuve ! Voilà l'ennemi.

LE MARQUIS. — Qui, l'ennemi?

SAMMY. — M. de Sermione.

LE MARQUIS. — C'est assommant ! (II passe dans la chambre à coucher. De lu porte.) Dites à mon fils qu il s'arrange pour être seul vers six heures moins un quart, que je reviendrai avec...

M""** LAVEUVE. Chut !

Seimione paraît dans le fond de l'antichambre et s'avance avec de grandes précautions.

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