SCENE X
LANSPESSA, LILIAN
LANSPESSA, avec étonnenient. — Vous?
LILIAN, embarrassée. — - Mais oui.
J'attends M""" de Meyrienx... Cette visite précipitée vous étonne? Elle est pourtant bien naturelle. M""*^ de Meyrieux a été charmante pour moi. J'ai craint qu'elle se ressentît des émotions d'hier. Je suis venue prendre de ses nouvelles.
LANSPESSA, lui donnant la main. — Quelles émotions, petite amie?
Il la dévisage.
LILIAN. — Bonjour... Eh bien, cette...
cette révolte de vos domestiques.
LANSPESSA. — Cette mutinerie de nos gens... Ce n'est rien, cela.
LILIAN. — Pour vous, peut-être, qui d'un mot les avez domptes... Oh! j'ai admiré votre énergie et votre sang-froid!... Mais pour nous autres femmes. Pour elle surtout...
Elle s'interrompt, il la regarde. Elle baisse les yeux.
LANSPESSA, après s'être assis travquillement. — Je ne sais vraiment pas pourquoi je pose avec vous. (// sourit.) Moi aussi, cela m'a fait impression. Oh ! pas sur le moment, J'ai fait preuve... vous dites : d'énergie, de sang-froid? Appelons ça de la poigne, tout simplement... Mais, après coup... j'en suis encore à m'expliquer ce qui m'a pris. Peur? De quoi? je ne suis pas peureux. Dégoût? Faiblesse?
La réaction après l'effort? Bref, cela s'est traduit par un impérieux besoin de fuite, €t je me suis senti étrangement lâche contre l'instinct déraisonnable qui me poussait à m'élcigner d'ici. J'ai eu l'enfantillage d'y céder, ne vous moquez pas de moi: lorsque mon père et ma mère sont partis,
davantage pour me donner des pressentiments indéfinissables de ruine et de catastrophe, le vertige d'une chute universelle oii j'étais moi-même entraîné.
LiLiAN. — Vous? Ah ! que pouvez-vous avoir de commun avec tous ces gens-là?
LANSPESSA. ■ — Qu'ai-je donc de diffé-