SCENE XI
LILIAN, LANSPESSA, CATHERINE
CATHERINE, gui est entrée sur les derniers mots. — Pour qui donc dites-vous cela ?
LILIAN. — Vous allez me répondre si c'est pour lui.
CATHERINE. — Que signifie ce langage, et que venez-vous faire chez moi ?
LILIAN. — Vous poser une question.
Ce qu'on disait de vous hier, publiquement, est-ce vrai?
CATHERINE. — Je serais curieuse de savoir d'abord pourquoi vous vous permettez de m interroger.
LILIAN. — Soit ! Parce que j'aime M. de Lanspessa et que je veux être sa femme.
CATHERINE. — Eh bien, c'est vrai, je suis sa maîtresse, et je le garde.
LILIA.N. — Vous le gardez!
CATHERINE. Oui. Et c'est VOUS-
même qui allez en décider. Je ne vous prends pas en traître : la vie de cet homme est entre vos mains. Oh ! je ne veux pas dire que je le tuerai s'il me quitte. J'ai mieux. Pour certains hommes, pour luii, la mort civile est plus que la mort : je peux le tuer civilement.
LILIAN. — Je ne comprends pas.
CATHERINE. — • Je VOUS dîs quc j'ai un moyen de le déshonorer.
LILIAN. — Vous mentez.
CATHERINE. — Je VOUS donnerai les preuves tout à l'heure). Pour l'instant, supposez que je dis vrai. De deux choses l'une : ou bien vous allez me donner votre parole, votre parole d'honnête fille, à laquelle je croirai, irioi, que vous renoncez à lui, ou bien je vous donne la mienne, et vous ferez bien d'y croire, que le cornue de Lanspessa couchera ce soir au Dépôt... Ah ! ne vous hâtez pas, réfléchissez.
LILIAN. — • C'est inutile, je refuse.
CATHERINE, — Mais regardez- le donc !
LILIAN, n'osant regarder Lanspessa.
— De deux choses l'une, ou vous mentez, alors jamais! ou vous dites vrai — alors. . . que ra'impoi'te ?
CATHERINE. — Femme d'affaires!
LILIAN. — Eh bien non ! Je refuse je refuse tout bonnem.ent, sans réflexior ni calcul; je refuse, parce que je ne vou: crois pas, je ne vous crois pas, je ne veux oas vous cro'ire.
CATHERINE, riaiit nerveusement. — C'est votre dernier mot?
LILIAN. — Oui.
CATHERINE, allant vers la chambre et appelant très haut. — Claude!
Henneq^uin paraît. Elle l'arrête dès la porte, elle le saisit pai- les bras.