‹ La microbiologie en AustralieChapitre 19 sur 22 · III. — Mesures de préservation · texte numérisé non relu

III. — Mesures de préservation

Il est trop évident que presque toujours une épidémie ne s’introduit qu’à la suite d’un animal malade. Cependant le danger est si redoutable pour les Australiens (on a exporté en 1890 pour 483.271,700 francs de laine) que, non satisfaits de la rigidité des règlements de quarantaine, ils vont

jusqu’à exercer une police sur les correspondances qui, envoyées de l’extérieur^ pourraient, par impossible, être le véhicule de quelque germe suspect,

C’est pendant notre séjour que l’attention fut appelée sur les dangers que présentent les échantillons reçus par la poste par les représentants des maisons étrangères de commerce venus pour acheter de la laine sur place dans le pays producteur. Il s’agissait de savoir si ces échantillons étaient capables d’importer des maladies. La question nous étant ainsi posée, nous ne pouvions la résoudre au point de vue scientifique que par l’affirmative ; mais supprimer complètement l’importation de ces échantillons aurait pu être un coup trop direct pour les acheteurs de laine. Il fallait donc voir si la stérilisation, par exemple dans les étuves à vapeur humide, détériore les échantillons et modifie la qualité de la laine au point de vue marchand.

Nous demandâmes le 15 juin 1891 à la conférence des Inspecteurs du bétail des différentes colonies de l’Australie qui nous avait posé la question, de nous faire donner un échantillon de laine à soumettre à l’action de l’autoclave Ghambeiiand. Le lendemain, après épreuve, la conférence fut d’avis que la stérilisation à la vapeur humide altérait un peu l’odeur de la laine, mais en laissait absolument intacte la qualité au point de vue commercial. Nous n’avions malheureusement pas, à ce moment-là, les étuves d’Herscher qui permettent de faire en grand et facilement la stérilisation que nous venions d’opérer dans notre laboratoire. M. Herscher a eu l’obligeance de nous confier ses appareils. Nous montrerons, dès notre retour à Sydney, qu’il est possible avec une faible dépense de se conformer aux recom-

Attelage de bœufs transportant la laine,

mandations votées à Tunanimitépar la conférence dont nous parlions plus haut et dont voici les termes : « La conférence, à runanimité, demande qu’il soit interdit aux acheteurs de laine de recevoir de l’étranger des échantillons, tant que des mesures efficaces n’auront pas assuré la destruction complète des germes infectieux qu’ils peuvent contenir >.

Page 1